L’immigration positive version française

La France a doublé la prime de départ allouée aux immigrés maliens qui souhaitent rentrer chez eux. Une initiative qui s’inscrit dans le programme politique français de gestion des flux migratoires.

La visite officielle au Mali de Nicolas Sarkozy, le ministre de l’Intérieur français, consacrée à l’immigration et au co-développement s’est achevée dimanche à Bamako. L’homme d’Etat a dévoilé le double objectif politique de la France dans ces dossiers : favoriser les retours des immigrés maliens installés en France et aider au développement local. Par contre, la question de la réadmission forcée des clandestins maliens installés en France n’a pas été abordée avec les autorités de Bamako qui ne veulent pas être amenées à aider un pays à expulser les leurs.

Retour sous condition

Pour favoriser l’application du premier objectif, Nicolas Sarkozy s’est fermement engagé à doubler la prime allouée aux candidats au départ. Elle passera de 3 600 euros (2,3 millions de F CFA) à 7 000 euros (4,6 millions de F CFA). Si l’an passé, seule une quarantaine de Maliens avait sollicité cette aide, la France espère, avec cette rallonge, inciter un plus grand nombre au retour. La nouveauté, non négligeable, est que cette subvention au départ est également valable pour les Maliens en situation irrégulière, estimés à 40 000, ou ceux ayant reçu un arrêté de reconduite à la frontière. En revanche, son octroi est soumis à la présentation d’un projet viable et utile pour le Mali.

Cette visite marque aussi, outre le soutien en matière de police et d’administration civile, la concrétisation de la convention de co-développement signée en décembre 2000 entre le Mali et la France. Cette dernière propose 2,6 millions d’euros (1,7 milliard de F CFA) en appui à des projets diversifiés de développement local, visant à rendre une région plus attractive et d’atténuer ainsi le flux de l’immigration. Notamment dans la région de Kayes, où le ministre s’est rendu, et d’où provient presque 75% de l’immigration malienne en France.

Mais cette visite, qui aura duré deux jours et qui était placée sous le signe d’une vision  » positive  » de l’immigration, n’aura pourtant pas empêché les nationaux et les immigrés de la ressentir comme une menace et d’accueillir, de façon mitigée, ces nouvelles dispositions.