L’huile de palmiste ivoirienne ne fait plus recette

Une des entreprises phares de la filière de l’huile de palmiste ivoirienne, Oleatech, met sa production entre parenthèses. Face à un marché moins demandeur et à la concurrence de la Malaisie, le secteur va mal.

Signe des temps difficiles que connaît la filière ivoirienne d’huile de palmiste : l’arrêt temporaire des activités de production de la société Oleatech. Fleuron du secteur, l’entreprise ivoirienne fait une pause.  » Les producteurs de palmistes, qui se plaignent des prix pratiqués, ont bloqué les usines et nous avons été lésés. Les niveaux de production n’ont pas été suffisants cette année. De plus, les cours de l’huile brute ne sont vraiment pas intéressants en ce moment et nous commençons à investir en vue de produire de l’huile raffinée « , explique un cadre de l’Oleatech.

Résultat : un licenciement économique qui attend au tournant quelque soixante personnes sur le site de Vridi.  » Nous gardons trente-cinq employés pour entretenir le matériel jusqu’à la mise en place de nouvelles installations. Sur les soixante autres, nous avons prévu des redéploiements dans d’autres sociétés du groupe – le groupe IPS, ndlr -. Ceux qui ne seront pas replacés seront licenciés mais nous n’en avons pas encore établi la liste.  »

Secteur sinistré

Une situation qui risque de perdurer au moins pendant un an, le temps que la société passe du côté de  » ceux qui font des produits finis. Ce sont eux qui font de l’argent. Nous, nous produisons des huiles brutes dont le marché n’est plus demandeur « . Les chiffres parlent d’eux-mêmes. De 650 à 750 dollars US de 1996 à 1999, la tonne d’huile de palmiste est passée à 260-290 dollars aujourd’hui.  » C’est un secteur sinistré « , regrette-t-on à l’Oleatech.

La société exporte à 98% vers l’Europe, les 2% restants se partageant entre le Cameroun, le Sénégal, le Ghana et le marché local. Et le même responsable de noter :  » Nous avons une capacité de production de 120 000 tonnes par an mais nous tournons autour de 90, faute de potentiel disponible. Les autres sociétés ivoiriennes du secteur ne broient que 6 à 7000 tonnes de matière première par an.  »

Une supériorité qui ne met pas l’Oleatech à l’abri de la redoutable concurrence en provenance d’Asie du Sud-est, notamment de Malaisie, et de la crise globale du marché de l’huile. L’huile de palme, dont la Côte d’Ivoire était l’un des plus grands producteurs, connaît la même situation.