L’histoire d’humour de Maïmouna

Les Ambianceuses sont dans la place

La deuxième édition des Jokes Session, à Paris, a prévu de faire monter sur scène dimanche prochain des jeunes humoristes qui se frotteront au public pour la première fois. Parmi eux, Maïmouna Coulibaly, 30 ans, comédienne et danseuse.

Les Jokes Session sont de retour dimanche prochain. Après une première édition très réussie en novembre dernier, celle-ci rassemblera à nouveau neuf jeunes humoristes, dont trois devront faire leurs preuves pour la première fois… Parmi eux, Maïmouna, qui se lance dans la grande aventure de l’humour. Maïmouna Coulibaly, 30 ans, d’origine malienne, est une habituée des planches, que ce soit pour le théâtre ou la danse. Née à Dreux, elle grandit à la Grande Borne, à Grigny, en région parisienne. Après le lycée section théâtre, elle passe un Deug Arts du spectacle et monte rapidement sa première pièce, Sulla, qui est une adaptation d’un livre de Toni Morrisson qu’elle a elle-même réalisée. Après de petits rôles à la télé et au cinéma, elle se tourne vers la danse. Elle donne aujourd’hui des cours de n’dombolo et de coupé-décalé au très réputé Centre de Danse du Maris, au cœur de Paris. Pour dimanche, elle s’est lancée le défi de vous faire rire. Découverte.

Afrik : Comment as-tu atterri aux Jokes Session ?

Maïmouna :
J’ai fait le premier pas, après avoir vu le tract de la première édition. En tant que comédienne, l’idée du show humoristique m’a interpellée. Il y a longtemps que j’avais envie de monter sur scène pour faire des choses comiques. J’ai donc passé le casting pour participer à la session de dimanche et j’ai été retenue !

Afrik : Tu vas, comme les autres, présenter un sketch de 5 minutes. C’était un nouvel exercice pour toi ?

Maïmouna :
Tout à fait, c’est un format court et particulier. J’ai été aidée par un auteur pour mettre mes idées en forme. Je suis très à l’aise dans l’interprétation, moins dans l’écriture proprement dite. J’ai des idées mais il faut les bonnes tournures pour les rendre attrayantes ! Mon sketch parle de petites histoires quotidiennes, très contemporaines, d’une fille célibataire qui n’arrive pas à trouver un mec qui lui convienne vraiment, des Blanches qui se prennent pour des Noires et sortent avec des Noirs… ce genre de choses !

Afrik : Tu as le trac ?

Maïmouna :
Pas encore… je pense que je vais l’avoir dimanche, juste avant de monter sur scène. Pour le moment, je suis trop occupée à régler les derniers détails, à trouver un maximum de choses rigolotes… Ce qui m’intéresse dans cette expérience, c’est le contact, la communication et l’échange avec le public. Si j’arrive à le faire rire, je serais à l’aise et tout ira bien ! Au lycée, je faisais beaucoup rire les gens mais j’ai fait des choses sérieuses ensuite pour me prouver que je n’étais pas qu’un clown. Je sens que j’ai un truc en moi, j’ai envie de m’exprimer sur scène par le rire.

Afrik : Qu’est-ce-qui te plaît dans le concept des Jokes Session ?

Maïmouna :
Dans ma cité, on n’arrêtait pas de se vanner. La vanne, c’est le sport national dans les cités et c’est bien qu’on puisse faire ça sur scène ! C’est un bon moyen, pour l’humoriste et le public, de se lâcher ! C’est un exutoire, qui fait du bien à l’esprit et au corps…

Afrik : C’est aussi une façon de revenir à ton premier amour : jouer la comédie…

Maïmouna :
Lorsque je faisais de la figuration et des petits rôles dans des téléfilms, c’était très dur. A l’époque, je ne me retrouvais pas dans les rôles qu’on me proposait. On me demandait juste d’être noire, pas actrice. Sur les plateaux, les réalisateurs ne prenaient même pas la peine de me diriger ! Il leur fallait une Noire pour jouer la maman immigrée ou la petite voleuse et c’est tout. Je me rappelle que nous, actrices noires, étions les seules à ne pas être maquillées ! En bref, il n’y avait pas la possibilité de s’exprimer. Ça m’a poussée à me tourner vers autre chose. J’ai appris la danse sur le tas, déjà adolescente j’avais monté un groupe avec mes sœurs et on nous appelait pour des animations. A l’université, des filles qui m’avaient vu danser en boîte m’ont demandé de leur apprendre, elles se sont cotisées, ont trouvé une salle et c’est comme ça que j’ai commencé à donner des cours !

Afrik : Tu es la seule à donner des cours de n’dombolo et de coupé-décalé sur Paris, il me semble…

Maïmouna :
Probablement ! J’ai commencé par en donner à Paris-Centre, rue de Clichy. Puis, en 2002, la sortie de mon DVD, N’dombolo fever, m’a ouvert les portes du Centre de danse du Marais. J’y ai aujourd’hui plusieurs cours. La moitié de mes élèves sont des blanches. Sur l’autre moitié, il y deux tiers d’Antillaises et le reste, ce sont des Africaines. Les filles viennent plus pour s’amuser et danser librement que pour apprendre. Dans mon cours, on s’amuse et on se permet des pas que l’on ne ferait peut-être pas en soirée…

Afrik : Vous avez aussi créé une troupe de danse, les Ambianceuses…

Maïmouna :
Nous sommes douze filles de toutes origines : Congo, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Guadeloupe, Martinique, Guyane, France, Luxembourg… La troupe existe depuis 2002 et je suis actuellement à la recherche d’un producteur. Nous avons de nombreuses chorégraphies bien rôdées.

 Jokes Session

dimanche 22 janvier 2006 à 19 h à la Scène Bastille

2 bis, rue des Taillandiers

75011 Paris

M° Bastille ou Ledru-Rollin.

P.A.F : 10 euros.

Les cours de Maïmouna :

Coupé-décalé

le mercredi de 19h à 20h30

Centre de Danse du Marais

41, rue du Temple, Paris IV, métro Hôtel de ville ou Châtelet les Halles

N’dombolo/coupé- décalé

le vendredi de 20h00 à 21h30

L’Atelier

10 rue du cygne, Paris I, métro Etienne Marcel/ Châtelet les Halles

N’dombolo

le samedi de 13h à 14h30

Centre de Danse du Marais

41, rue du Temple, Paris IV, métro Hôtel de Ville ou Châtelet les Halles