L’ex Sonacotra investit dans les projets de ses résidents

Adoma, le nouveau nom de la société Sonacotra, a lancé une fondation d’entreprise chargée de co-financer les projets de développement de ses résidents dans leurs pays d’origine. Avec ses nombreux partenaires, Adoma elle espère pouvoir aider les porteurs de projets à boucler plus rapidement leurs budgets.

Après avoir été rebaptisée le 21 janvier dernier, l’ex Sonacotra, désormais Adoma, a inauguré mercredi les locaux de sa Fondation d’entreprise, à Saint-Denis, au cœur de l’une de ses résidences. Le nouvel organisme sera chargé d’aider ses résidents étrangers à financer des projets de développement dans leurs pays d’origine. Lors de l’inauguration, Michel Pélissier, le président d’Adoma, a rappelé que les foyers Sonacotra ont été créés à l’origine pour accueillir les étrangers qui venaient travailler en France, souvent seuls, pour envoyer de l’argent à leurs familles, leurs villages et plus largement leurs régions d’origine. C’est pour participer plus activement à cette activité que la Fondation a été créé.

Pourquoi alors avoir attendu si longtemps ? Marie-Noëlle Rosenweig, la vice-présidente de la Fondation, se souvient que la Sonacotra avait déjà participé au financement de « mini-projets » au Mali, voilà environ quatre ans, en partenariat avec la Fondation Abbé Pierre. Elle s’était elle-même rendu dans le pays et s’étonne encore d’avoir rencontré tant de personnes dont un parent vivait en France dans un foyer Sonacotra. Lors d’un voyage en Algérie, la même tentation de prendre part à des projets s’est répétée, mais c’était problématique sans une structure adéquate. Elle vient de voir le jour.

Trois mois d’eau supplémentaires pour un village mauritanien

Parmi la foule venue assister à la naissance de la Fondation, Malick, un jeune Mauritanien âgé de 32 ans. La veille, il a fait passer le dossier de son projet au gérant de son foyer, dans le 13e arrondissement de Paris. Celui-ci vise le re-terrassement d’un barrage construit près de son village, Saboucire, aux confins de la Mauritanie, du Sénégal et du Mali. « La pluie qui tombait lors de la saison des pluies, entre juillet et octobre, n’était pas retenue avant la construction d’un barrage, à la fin des années 1990, avec le partenariat du GRDR (Groupe de recherche et de réalisations pour le développement), explique-t-il. Elle l’est aujourd’hui jusqu’à avril et pourra l’être deux ou trois mois supplémentaires lorsque le terrassement sera effectué ». Le projet porté par Malick a été évalué par le GRDR à 120 000 euros, dont près de la moitié a déjà été réunie, avec la participation d’un ONG américaine.

En comparaison, la Fondation Adoma dispose d’un budget minimum de financement de 100 000 euros par an, sur cinq ans. « C’est un minimum », souligne la vice présidente de la Fondation, ajoutant que cette somme est relativement importante pour le lancement d’un tel type d’organisation. Marie-Noëlle Rosenweig insiste surtout sur les « synergies » que la Fondation va être en mesure de créer, avec ses partenaires, en faveur des porteurs de projets. Adoma peut compter sur l’Agence française de développement, la Fondation Abbé Pierre, les communes soù leurs foyers sont installés ou encore Veolia, spécialisée en gestion de l’eau, ou l’Unicef, sur les questions d’éducation.

Chaque projet validé et suivi par un « parrain », salarié d’Adoma, devra rechercher « l’intérêt général ». La Fondation exige également « une référence collective, tant dans la finalité que dans la gestion ». Un autre critère lui tient à cœur : les porteurs de projets devront toujours participer au financement. En attendant de recevoir les premiers dossiers, aucune limite minimum n’a été fixée. Les résidents mauritaniens réunis autour du projet porté par Malick ont investi près de 35 000 euros de fonds propres.

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