L’ex-magnat Rafik Khalifa extradé par Londres vers l’Algérie

L’ancien homme d’affaires, Rafik Abdelmoumene Khalifa, poursuivi en France et en Algérie, qui s’est réfugié en Grande-Bretagne depuis 2003 et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, a été extradé ce mardi vers Alger, « conformément aux procédures légales et aux dispositions de la convention judiciaire » entre l’Algérie et le Royaume-Uni.

Le ministère algérien de la Justice avait assuré qu’il « bénéficiera d’un procès équitable et sera jugé dans un délai raisonnable, conformément à la loi et dans le strict respect de nos obligations découlant de l’accord d’extradition avec le Royaume-Uni et des assurances diplomatiques présentées aux autorités britanniques ».

« Suite à l’épuisement de tous les recours auprès de la justice du Royaume-Uni et de la justice européenne, concernant l’extradition de Rafik Abdelmoumene Khalifa, la délégation algérienne qui s’est déplacée dimanche à Londres a finalisé toutes les procédures d’extradition pour la remise du concerné. Ce dernier a été remis le 24 décembre conformément aux procédures légales et aux dispositions de la convention judiciaire entre les deux pays », indique un communiqué du ministère de la Justice repris par Liberté Algérie.

D’après le ministre de la Justice, Tayeb Louh, « conformément aux procédures judiciaires du Royaume-Uni, l’extradition de Khalifa devrait intervenir avant le 31 décembre 2013, sauf appel auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme (…). Les délais prévus par la loi britannique ainsi que les recours ont tous été épuisés ». L’Algérie fonde sa demande pour l’extradition de Khalifa sur des documents relatifs à la « falsification de l’hypothèque de la villa familiale et d’un local commercial jusqu’à la constitution du groupe Khalifa ». Autres chefs d’inculpation retenus contre lui : « vols survenus au niveau des différentes agences d’El-Khalifa Bank sur ordre de l’accusé lui-même, la gestion anarchique et la négligence ayant marqué les transferts de devises sous couvert de diverses transactions qui étaient des détournements organisés », relève Liberté Algérie.

Le procès de l’affaire El-Khalifa Bank s’est ouvert le 8 janvier 2007 devant le tribunal criminel de Blida. Le site algérien indique que plusieurs personnes impliquées ont été jugées pour différents chefs d’inculpation, dont Abdelmoumene Khalifa, le PDG du groupe Khalifa. Il a été condamné par contumace à la perpétuité pour plusieurs crimes en relation avec la gestion d’El-Khalifa Bank.