L’Europe s’ouvre davantage aux exportations des pays les plus pauvres

 » Les belles paroles  » feront place aux actes facilitant vraiment l’accès aux marchés européens, affirme la Commission de Bruxelles. Les deux tiers du continent africain sont concernés.

 » Tout sauf des armes  » : c’est le nom du programme que l’Union européenne a adopté le 20 septembre en vue de faciliter les exportations des quarante-huit pays les moins avancés (PMA) en direction de ses quinze Etats membres. Trente-trois pays africains sont concernés par cette initiative.

L’Europe emboîte le pas des Etats-Unis, dont une loi commerciale exonère de taxes, depuis mars dernier, les importations africaines de vêtements. L’initiative du Vieux Continent est toutefois nettement plus généreuse, puisqu’elle s’étend à l’ensemble des produits – manufacturés ou non – et ne s’accompagne pas de conditions favorables à ses propres productions. L’offre de Washington, pour sa part, imposait l’utilisation de coton américain pour la confection des vêtements.

Une concurrence supplémentaire

Lors de la présentation de l’initiative bruxelloise, Pascal Lamy, commissaire européen chargé du commerce n’a pas éludé la question de la concurrence supplémentaire qu’il créait pour les produits européens :  » Naturellement, certains produits sont sensibles, mais il ne sert à rien d’offrir des concessions commerciales sur des produits que les PMA ne peuvent pas exporter.  » Face au risque de marginalisation croissante des pays les plus pauvres dans une économie mondialisée, le responsable européen affirme qu’il faut désormais dépasser  » les belles paroles. Nous devons cesser de jouer avec les clauses d’exemption.  »

Cependant, la banane, le sucre et le riz ne verront leur commerce pleinement ouvert aux PMA qu’à l’issue de trois étapes étalées sur trois ans. Ces produits agricoles sont en effet stratégiques pour certaines régions françaises (Antilles et Réunion), italiennes (plaine du Pô) et espagnoles (Valence).