L’Europe préoccupée par le sort des migrants expulsés du Maroc

La Commission européenne prendra contact avec les autorités marocaines sur les accusations faisant état d’arrestation au Maroc de migrants clandestins subsahariens qui sont par la suite expulsés vers la frontière algérienne. Des associations l’avaient alertée d’arrestations massives de migrant à la fin du mois de décembre.

Selon un porte-parole européen, Frisco Roscam, de nombreuses plaintes émanant d’ONG, notamment d’Amnesty International, ont été adressées à la Commission européenne faisant état de l’arrestation, fin décembre dans plusieurs quartiers de Rabat, de plus de 400 migrants subsahariens, qui ont été par la suite conduits à Oujda, à la frontière algérienne.

Amnesty International se dit vivement préoccupé par le sort réservé à ces migrants, dont des dizaines sont porteurs de documents officiels délivrés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

La Commission européenne se dit d’autant plus inquiète que ces migrants ont disparu sans laisser de traces, a laissé entendre M. Roscam, ajoutant que l’UE entend soulever cette question lors de la prochaine réunion du sous-comité des droits de l’homme du Conseil d’association Union européenne/Maroc.

Amnesty International veut que l’UE révise sa politique de coopération avec le Maroc

Le Maroc est tenu de respecter les exigences en matière de respect des droits de l’homme dans le cadre de la mise en oeuvre du Plan d’action de voisinage entre Bruxelles et Rabat, ainsi que les règles internationales sur la protection des réfugiés, a souligné le porte- parole européen.

Amnesty International est allé plus loin en demandant à l’Union européenne de revoir sa politique de coopération avec le royaume alaouite dans la lutte contre la migration clandestine.

On rappelle qu’au mois de juillet dernier, une conférence ministérielle euro-africaine s’est réunie à Rabat sur le thème: « Migration et développement ».

Cette rencontre a débouché sur l’adoption d’un Plan de Rabat, qui prévoit notamment le respect des droits des migrants clandestins trouvés au Maroc, pays qui sert essentiellement de transit pour les ressortissants subsahariens en route vers l’Europe.

La Conférence de Rabat avait été organisée après les tragiques évènements des enclaves espagnoles au Maroc de Ceuta et Mellila où des dizaines de clandestins avaient été tués ou blessés après avoir tenté de franchir des murs de barbelés de plusieurs mètres de haut.