L’Erythrée enfin connectée

Jusqu’ici seul pays africain à ne pas avoir de connexion Internet, l’Erythrée a depuis hier sa place sur la Toile mondiale. Un véritable défi pour un pays économiquement faible.

Il y a quatre ans déjà l’Erythrée avait annoncé sa connexion à l’Internet. Mais les années ont passé sans que la Toile n’arrive jusqu’au pays qui devint le seul pays du continent africain sans accès au Web. C’est maintenant chose faite : le 15 novembre, et après plusieurs semaines de tests, l’Erythrée a officiellement annoncé son entrée dans l’ère d’Internet.

Quatre compagnies ont d’ores et déjà les licences qui leur permettent d’être fournisseurs d’accès Internet. Pour l’instant cinq villes sont concernées : Asmara, Massawa, Keren, Mendefera et Dekamhare. Barentu et Assab devraient être connectées dans les prochaines semaines. Le marché de l’Internet est encore très faible : seuls 1 200 Erythréens ont accès à un e-mail, fourni jusqu’ici par des serveurs étrangers.

Surf gratuit

La situation économique du pays étant critique, peu de personnes peuvent se payer l’énorme luxe d’avoir un ordinateur. C’est pourquoi les fournisseurs d’accès prévoient de mettre des postes à disposition de la population. Pour encourager le mouvement, le Service des Télécommunications d’Erythrée a décidé que les premières semaines de  » surf  » seraient gratuites.

 » C’est fantastique, j’ai tout essayé et j’ai déjà un nombre incroyable d’informations – mais c’est beaucoup trop cher « , déclarait au correspondant de la BBC l’un des premiers internautes érythréen. En effet, l’accès illimité coûtera entre 550 et 600 Nafka par mois (55-60 dollars) et il est probable que les Erythréens se tournent plutôt vers les forfaits par heure. Internet devrait bientôt entrer dans les écoles, universités, librairies et ministères érythréens, et le gouvernement souhaite développer le e-commerce. Un vrai défi pour le pays.