L’enquête sur la mort d’un jeune Malien en France relancée

Les investigations sur la mort du jeune Malien Abou Bakari Tandia, après une garde à vue au commissariat de Courbevoie, en région parisienne, viennent d’être relancées par un rapport qui contredit la version policière, a indiqué Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille de la victime.

« Le juge d’instruction vient de recevoir le rapport d’examen radiologique sur Abou Bakari Tandia. On avait pensé un moment que ce rapport avait atterri là mystérieusement. Mais maintenant, on sait que c’est le Parquet qui l’a transmis », a indiqué Me Bouzrou, qui défend la famille du jeune Malien. « Les résultats de ce rapport permettent de balayer la version policière », a-t-il poursuivi.

Arrêté le 5 décembre 2004 après un simple contrôle d’identité, Abou Bakari Tandia, qui avait alors 24 ans, était tombé dans le coma après son placement en garde à vue pour « infraction à la législation sur le séjour des étrangers ».

Selon la version policière, il se serait cogné violemment la tête contre le mur de sa cellule pour échapper à sa reconduite au Mali.

« Aujourd’hui, les éléments en notre possession prouvent que cette thèse n’est pas crédible », s’est emporté Me Bouzrou, en signalant des zones d’ombre dans le déroulement de la garde à vue.

Les éléments du dossier médical d’Abou Bakari Tandia avaient en effet mystérieusement disparu de l’hôpital qui l’avait pris en charge après sa chute dans le coma, tandis que la caméra de surveillance de sa cellule était tombée en panne, ce jour-là.

« Nous avons obtenu du procureur de Nanterre qu’il ouvre une enquête notamment sur la disparition du dossier médical et sur la dégradation de la camera de surveillance. Si on trouve des réponses à ces questions, on arrivera facilement à élucider ce dossier », a estimé l’avocat, qui refuse, cependant, de parler de « bavure policière ».

Il admet toutefois qu’il « existe des indices graves et concordants de nature à présumer que les policiers ont commis des violences sur Abou Bakari Tandia ».

« La conséquence juridique de ces actes, c’est que, au moins, des mises en examen doivent être prononcées. Je constate que la justice a battu dans ce dossier des records de lenteurs. Mais, je pense que nous obtiendrons gain de cause », a encore dit Me Bouzrou.

Des parents, des proches et des amis du jeune Malien se sont regroupés dans une association dénommée « Justice et vérité pour Abou Bakari Tandia » qui organise chaque année un rassemblement en sa mémoire.