L’énigme des faux billets béninois

Des fausses coupures de 10 000 francs cfa envahissent depuis peu le marché béninois. Partout les commerçants commencent à refuser ces billets et les marchés financiers craignent de lourdes conséquences pour l’économie du pays.

Depuis quelques jours, le Bénin doit faire face à une arrivée massive de fausses coupures de 10 000 francs cfa (soit 15,25 euros) sur son marché national. La fausse monnaie émise approcherait en effet les 500 millions de francs cfa. Un phénomène de grande ampleur qui suscite d’ores et déjà l’inquiétude des milieux financiers béninois. Inquiétude d’autant plus vive que les contrefaçons se révèlent particulièrement difficiles à repérer avec le matériel de détection habituel. Plusieurs établissements financiers se seraient eux-mêmes déjà laissé prendre en encaissant des faux billets et en les redistribuant à leurs clients.

Risque de psychose

La méfiance gagne également la rue. Sur les marchés et dans les commerces de Cotonou, qui ne sont pas – pour la plupart – équipés de détecteurs, il n’est pas rare que les clients voient leur paiement refusé, lorsqu’ils proposent de régler avec des billets de 10 000 francs cfa. Selon Le Républicain, des clients venus faire des versements en espèces à leur banque ont été contraints, la semaine dernière, de repartir avec leurs billets de 10 000 francs sous le bras. Si le démantèlement du réseau tarde trop, la désaffection pour la monnaie pourrait se généraliser et constituer un sérieux frein à l’activité économique béninoise.

Malgré l’urgence apparente de la situation, les banques béninoises se révèlent particulièrement circonspectes sur la question. A la Financial Bank de Cotonou, on affirme que  » les contrefaçons utiliseraient du vrai papier  » et que  » pour l’instant l’antenne béninoise de la BCEAO (Banque centrale des états d’Afrique de l’ouest), en attendant les instructions du siège de Dakar, s’est contenté de demander à toutes les banques d’être vigilantes quant aux coupures de 10 000 francs cfa, « . Une discrétion et un attentisme des banques qui augurent mal de l’évolution de la situation.