L’engagement belge

Bonne nouvelle pour l’Afrique, la Belgique prend la présidence de l’Union européenne ce dimanche pour six mois. A priori, il n’y a aucune corrélation entre les deux phénomènes. Pourtant, à analyser la politique extérieure du petit pays européen, on ne peut que se réjouir de la grandeur de ses idéaux. La première satisfaction vient de la détermination de Bruxelles de juger les quatre génocidaires rwandais. Les autorités belges acceptent désormais de juger chez elles les personnes accusées de crime suite aux plaintes déposées en Belgique. Une première mondiale ! Les dictateurs africains n’iront pas faire des séjours de villégiature à Bruxelles.

Le deuxième satisfaction est la volonté affichée de la Belgique de faire de l’Afrique Centrale sa priorité durant son mandat. Et c’est assez inhabituel pour le souligner, Bruxelles s’était engagée depuis plusieurs mois dans cette région pour apaiser les différents conflits, essentiellement en République démocratique du Congo, au Rwanda et au Burundi. Le ministre des Affaires étrangères Louis Michel a passé plus de temps en Afrique qu’en Belgique. Il a rencontré l’opposition et a réussi l’exploit de faire maintenir les cessez-le-feu, réputés précaires, dans la région. Il a promis d’amener les rebelles du RDC congolais à s’asseoir à la même table que Joseph Kabila. Le pari paraît risqué mais Louis Michel connaît tous les belligérants. Il repart aujourd’hui à Kinshasa avec, dans ses valises, un plan de sortie de crise. Les dirigeants du RDC ont fait savoir qu’ils sont moyennement intéressés de faire la paix avec Kabila sans pour autant refuser de participer, le 16 juillet prochain, au dialogue inter-congolais qui réunit gouvernement, opposition et mouvements armés.

C’est bien la première fois que l’Afrique devient la priorité de l’Union européenne. Merci Bruxelles !