L’Ehtiopie crie famine

Les Nations Unies et les autorités éthiopiennes ont lancé un appel à la communauté internationale pour une aide d’urgence afin de faire face à la sécheresse qui frappe le pays. Tous les signes avant coureurs de la famine sont là. Six millions de personnes sont menacées.

L’Ethiopie ne veut pas revivre les terribles famines de 1972-73 et de 1984-85. La Commission fédérale de la prévention des désastres et des situations d’urgence (Federal disaster prevention and preparedness commission, DPPC) a lancé cette semaine un appel à la communauté internationale pour aider le pays à faire face à la sécheresse, prémisse du terrible fléau. Près de six millions de personnes sont menacées à court terme.

Plus de faux semblant, Addis-Abeba, qui avait toujours caché par le passé l’importance de ses problèmes climatiques, joue la carte de la transparence. L’Etat avoue avoir besoin d’une aide alimentaire d’urgence de 103 583 tonnes pour assurer les besoins nationaux jusqu’à la fin de l’année. Côté sanitaire, entre autre pour la santé des hommes et des cheptels, le pays annonce un besoin de 12 millions de dollars pour enrailler les conséquences de la sécheresse.

Indices visibles

Les deux saisons des pluies, le  » belg  » (de mars à mai) et le  » meher  » (de juin à septembre), chacune plus courte que prévue, ont de plus été affectées par le manque de précipitations. Selon un rapport de l’Unité d’urgence des Nations Unies pour l’Ethiopie (UN-EUE) daté de juillet dernier, les récoltes de cycles longs, le maïs et le sorgho, deux des trois plus importantes cultures vivrières du pays, sont touchées. Le manque d’eau augure également des problèmes d’hygiène pour les populations et de pâturage pour les animaux.

L’Ethiopie tire la sonnette d’alarme. Un rapport du Programme alimentaire mondial témoigne déjà d’une recrudescence de la malnutrition, des maladies liées à l’eau telles que les diarrhées ainsi qu’une augmentation des décès parmi le bétail. Avec la famine, déjà effective, en Afrique australe, les autorités espèrent que leur appel sera entendu. Avant qu’il ne soit trop tard.