L’Egypte, une bombe à retardement

La coalition qui rassemble les pro-Morsi a appelé de nouveau, ce dimanche, à poursuivre les manifestations cette semaine, malgré la sanglante répression de l’armée contre les soutiens du Président déchu. Au moins 250 Frères musulmans sont poursuivis pour meurtre, terrorisme et incitation à la violence. Face à la situation qui ne cesse de se dégrader, l’Union européenne a prévu de réviser ses relations avec l’Egypte.

Malgré la sanglante répression à leur encontre, les pro-Morsi veulent toujours en découdre avec les autorités égyptiennes. La coalition, l’Alliance anti-coup d’Etat, qui les rassemble, a appelé de nouveau ce dimanche à manifester dans les rues du Caire, contre la destitution de Mohamed Morsi. La journée de samedi a été particulièrement rude pour les soutiens du Président déchu. Des centaines d’entre eux retranchés dans une mosquée du Caire, bravant le couvre-feu pour manifester le soir, ont été évacués de force par les forces de l’ordre. Les manifestants qui n’ont pas été nombreux à répondre à l’appel de la coalition pro-Morsi samedi ont été extirpés un à un de la mosquée. Mais de nouvelles manifestations sont prévues dès cette semaine vers 16 heures après la prière sous le slogan « La semaine du départ du coup d’Etat ».

Environ 250 partisans des Frères musulmans sont visés par une enquête du Parquet pour meurtre, tentative de meurtre et terrorisme, rapporte samedi l’agence de presse Sana. Plus de 1 000 d’entre eux ont déjà été interpellés dans tout le pays. La sanglante répression contre les pro-Morsi qui a fait déjà plus de 600 morts a incité l’Union européenne à hausser le ton. Elle a décidé de réviser la nature de ses relations avec l’Egypte au cours des prochains jours, ont annoncé ce dimanche dans un communiqué Herman Van Rompuy, président du Conseil européen et José Manuel Barroso, président de la Commission européenne.

Même si ce dimanche le Caire a retrouvé une certaine accalmie, pour le moment la situation en Egypte est loin d’être maîtrisée. Le pays vit sous une bombe à retardement. Ni l’armée ni les pro-Morsi n’ont l’intention de déposer les armes. Beaucoup craignent toujours que la crise qui mine le pays débouche sur une guerre civile.