L’écotourisme, une nouvelle opportunité pour l’Afrique ?


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La réduction de la pauvreté dans le monde, et plus particulièrement en Afrique, figure au premier rang des priorités des Nations Unies. Comme en témoigne ces objectifs de développement du Millénaire. Pour y parvenir, l’écotourisme semble se présenter comme une arme de choix. Mais qu’entend-t-on par écotourisme et en quoi peut-il contribuer au développement du continent ? Voici quelques éléments de réponse.

« Le tourisme, que chacun voit désormais comme un moteur de développement socio-économique, peut apporter une contribution essentielle à l’économie des pays africains « , a affirmé Dawid de Villiers, le Secrétaire général adjoint de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), agence spécialisée des Nations Unies, à la réunion de l’Organisation qui s’est tenue en mai dernier sur l’île de Mahé (Seychelles). Tourisme, certes, mais plus particulièrement écotourisme. Ce concept, né à la fin des années 70, est une réalité depuis le début des années 90. Mais à quoi renvoie-t-il notamment quand on sait l’opportunité qu’il pourrait représenter pour le développement de l’Afrique ? En effet, réduire la pauvreté grâce au tourisme durable est depuis le Sommet mondial pour le développement durable (SMDD) de Johannesburg (Afrique du Sud) une priorité pour l’OMT [[en accord avec le premier objectif du millénaire des Nations Unies : Réduire de moitié le nombre des populations vivant avec moins de un dollar (USD) par jour.]].

Ecotourisme, une forme de tourisme durable

L’écotourisme est un segment du tourisme durable qui se définit, selon l’OMT, comme « satisfaisant aux besoins présents des touristes et des régions hôtes, tout en protégeant et en mettant en valeur les opportunités pour le futur» [[Cette définition sera d’ici peu complétée par l’OMT]]. La Déclaration de Québec (mai 2002, Année internationale de l’écotourisme), que rappelle Philippe Lemaistre du Département du développement durable du tourisme à l’OMT, précise trois critères prépondérants de l’écotourisme. A savoir, le bénéfice aux communautés locales, le respect de l’environnement et la qualité de l’expérience du touriste dont le voyage s’inscrit dans une démarche cognitive. Dans le contexte africain, la notion de « bénéfice aux communautés locales » est fondamentale. Les membres de ces dernières sont directement impliqués dans l’activité touristique et en tirent profit. Exemple au Cameroun avec le village d’Ebodje.

Ce petit village de pêcheurs est situé dans la province du Sud du pays, sur les bords de l’Atlantique. Le projet touristique, mis en place en partenariat avec l’Etat camerounais et des acteurs touristiques locaux, permet à l' »écotouriste » de découvrir un écosystème forestier fortement influencé par la proximité de la mer. Lancé en 1999, les revenus issus de l’activité touristique ont contribué en partie à l’électrification du village. En somme, l’écotourisme répond à l’équation suivante : tourisme de « nature » associé au concept de durabilité [[renvoie au souci de satisfaire les besoins actuels et ceux des générations futures]]. Autrement dit, l’Afrique, destination prisée pour le tourisme de « nature » du fait de la richesse de sa faune et de sa flore , doit, dans une perspective de développement durable, profiter de cette manne. Notamment quand ce profit économique peut aller directement aux populations rurales vivant aux alentours ou au sein de ces sites naturels. L’implication de l’Etat dans ce processus est néanmoins déterminant selon l’OMT.

« Une affaire locale »

On pouvait ainsi lire dans un récent communiqué de presse de l’organisation, «En Afrique, le tourisme servira à lutter contre la pauvreté si l’État crée de bonnes conditions pour cette activité ». A noter que l’écotourisme se caractérise par la prépondérance des micro- entreprises et une forte implication des organisations non gouvernementales, notamment celles de défense de la faune et de la flore. Malheureusement, son impact économique reste encore difficile à quantifier, tout comme sa part dans le tourisme en général.

Comme le note, Philippe Lemaistre, « on ne sait pas à quel moment le touriste franchit la frontière et s’inscrit dans la démarche à laquelle renvoie l’écotourisme.» Selon les dernières statistiques de l’OMT, les recettes du tourisme international représentaient, en 2002, 474 milliards de dollars américains. Seulement 11,8 sont allés à l’Afrique, qui a accueilli 29 millions de touristes. L’Afrique du Sud reste, en Afrique sub-saharienne, la destination touristique la plus prisée et compte parmi celles les plus importantes, en matière d’écotourisme, à côté du Kenya ou encore de la Tanzanie.

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