L’échec des négociations politiques au Zimbabwe à la Une de la presse à Harare

La presse zimbabwéenne s’est longuement intéressée cette semaine au débat sur l’échec des pourparlers, en Afrique du Sud, pour le partage du pouvoir entre l’opposition et le gouvernement.

Les deux camps négociaient depuis trois semaines, sous l’égide de la médiation du président sud-africain, Thabo Mbeki, un accord pour le partage du pouvoir à l’image de la formule adoptée au Kenya, afin de mettre fin à la crise post-électorale.

M Mbeki, qui intervient en qualité de médiateur au nom de l’Union africaine (UA) et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), a tenté de faire pression sur les deux camps rivaux en prolongeant son séjour au Zimbabwe de deux à cinq jours.

Mais aucun accord n’a encore été conclu, la pierre d’achoppement portant sur les pouvoirs à attribuer au président Robert Mugabe et au chef de file de l’opposition, Morgan Tsvangirai.

Les médias officiels estiment que M. Tsvangirai avait changé les règles du jeu à la dernière minute, prenant les autres parties, particulièrement le gouvernement, par surprise.

Ils accusent M. Tsvangirai d’être assoiffé de pouvoir, et de reléguer l’intérêt de la nation derrière ses ambitions personnelles.

De son côté, la presse privée estime que la quête de pouvoir de M. Mugabe a entraîné l’échec des discussions, l’accusant de rechigner à céder des pouvoirs significatifs à M. Tsvangirai dans la formule de partage mise au point. Ce qui, prétendent les médias privés, est au centre de l’échec des négociations, et non la soif de pouvoir absolu de M. Tsvangirai.