L’avenir très incertain d’Alliance Air

La compagnie aérienne Alliance Air, contrôlée par l’Ouganda, la Tanzanie et l’Afrique du Sud, pourrait être privatisée avant la fin du mois. Pourtant, la société se trouve toujours confrontée à un passif important qui entrave les possibilités de recapitalisation.

Alliance, compagnie aérienne régionale d’Afrique de l’Est, sauvée des eaux par une privatisation ? Peut-être, à en croire l’hebdomadaire kenyan l’East African, qui révèle que deux opérateurs privés, la société de fret aérien ougandaise Dairo Air Services (DAS) et la chambre de commerce et d’industrie tanzanienne (TCCIA), seraient prêts à racheter à eux deux 60 % des parts d’Alliance Air.

Cette joint-venture publique créée en 1995 par l’Afrique du Sud (40 % des parts) l’Ouganda (30 %) et la Tanzanie (30%), basculerait ainsi dans le secteur privé. Si les différents partenaires sont toujours réunis à la table des négociations, le principal obstacle à cette cession pourrait venir du partenaire sud-africain, South African Airlines (SAA).

L’ultimatum de l’Afrique du sud

Cette dernière a menacé Alliance Air de se retirer de son capital courant octobre. Toujours selon East African, Transnet, une filiale de SAA, avait déjà, en avril dernier, réclamé la fin du partenariat d’Alliance Air en raison de pertes importantes. La maison mère avait finalement décidé de soutenir l’entreprise tripartite à condition que l’Ouganda et la Tanzanie versent chaque mois 126 000 dollars pour assainir l’endettement. Ces conditions n’ayant pas été respectées, Transnet qui enregistre un passif de 50 millions de dollars, réclamera 15 millions de dollars aux deux pays si la compagnie s’effondre. Les deux acheteurs potentiels refusent, pour l’heure, d’intégrer les dettes d’Alliance Air dans la reprise.

Par ailleurs, selon l’agence de presse africaine Pana, South African Airlines aurait lancé un ultimatum à la Tanzanie et l’Ouganda pour qu’ils réunissent les sommes nécessaires au redressement avant la fin de cette semaine. Faute de quoi, la SAA récupérerait ses appareils, ce qui conduirait, selon l’agence, à l’effondrement de l’entreprise. Et entraînerait la fermeture des dessertes entre Johannesburg et Londres, Bujumbura, Entebbe et Kigali.