L’art de la guerre

Récupérer des armes pour en faire des oeuvres d’art. Le collectif d’artistes mozambicains Núcleo de Arte présente sur la toile ses meilleures créations, réalisées à partir des vestiges de l’ancienne guerre civile. Une exposition virtuelle créative pour un devoir de mémoire original.

Octobre 1992. Le Mozambique sort hébété de 16 ans de guerre civile. Les armes pullulent dans le pays et constituent une menace permanente pour la paix. Alors le gouvernement se lance dans un programme de récupération des arsenaux en circulation pour les mettre hors d’état de nuire. Le plus ancien collectif d’artistes du pays, Núcleo de Arte, est mandaté par le Conseil catholique du Mozambique pour transformer les instruments de mort en oeuvres d’art. Une exposition virtuelle nous présente la singulière collection.

Fusils d’assaut AK 47, mines et armes de poing, les matériaux utilisés ont triste réputation. Mais ces armes-ci ne parlent plus la voix du sang. Et, confiées à des mains expertes, elles prennent une dimension purement artistique. De l’art pour témoigner d’un devoir de mémoire. Le site nous offre une sélection de 29 sculptures réalisées en 1998 par 14 artistes du Núcleo de Arte.

Armés de talent

Les pièces, uniques, sont d’une étonnante créativité. Comme cette moto de F. Rosa réalisée à partir de chargeurs de fusils mitrailleurs. Des mines en guise de roues. Surprenants encore, le coq d’Hilario, également façonné à l’aide de chargeurs, ainsi que le fauteuil de Gonçalo, fait, quant à lui de fusils et de pistolets.

Le site, disponible en portugais, anglais, néerlandais et danois, n’a malheureusement pas de version française. Mais cela n’enlève rien à la qualité du travail des webmestres. L’interface graphique bénéficie d’une réelle identité. La navigation s’avère relativement simple et cohérente. Une biographie, avec photos, de chaque artiste est liée aux oeuvres exposées, d’ailleurs très bien mises en page. La visite s’impose.

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