L’armée malienne poursuit ses exactions : huit civils tués près de Tidermène lors d’une frappe de drone


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Forces armées maliennes
Les Forces armées maliennes

Huit civils ont été tués dans une frappe de drone survenue près de Tidermène, dans la région de Ménaka, au nord-est du Mali. Selon plusieurs sources locales, les victimes se rendaient à la foire hebdomadaire de Tidermène lorsqu’un drone a frappé leur véhicule. Les autorités militaires maliennes n’ont publié aucun communiqué sur cette opération.

Une frappe de drone a coûté la vie à huit personnes, le 26 juin, dans la région de Ménaka, près de Tidermène, à proximité de la frontière nigérienne. D’après plusieurs sources locales, les victimes voyageaient à bord d’un véhicule qui avait quitté la localité d’Intadeyné en direction de la foire hebdomadaire de Tidermène.

Des victimes identifiées par les communautés locales

Selon les informations recueillies auprès de notabilités locales, de représentants communautaires et d’organisations locales de défense des droits humains, le véhicule transportait exclusivement des civils. Les huit occupants ont été tués sur le coup lorsque le véhicule a été touché par une frappe aérienne. L’armée malienne n’a pas communiqué sur cette opération et n’a pas répondu aux sollicitations portant sur les circonstances de l’incident.

Les personnes décédées ont été identifiées par les habitants de la région. Parmi elles figurent trois adolescents âgés de 14, 15 et 16 ans, un chef de village, un employé d’un centre de santé, le conducteur du véhicule ainsi que plusieurs autres passagers. Selon les témoignages recueillis sur place, le véhicule avait parcouru environ quarante kilomètres lorsqu’il a été frappé à proximité de Tidermène.

Une région marquée par les opérations de l’armée malienne

Les habitants venus sur les lieux après l’explosion ont découvert une épave entièrement calcinée. Ils ont ensuite procédé à la récupération des corps afin de les inhumer. Plusieurs sources locales, dont des responsables communautaires ainsi que le Collectif pour la défense des droits du peuple de l’Azawad (CD-DPA), affirment que les victimes étaient des civils se rendant au marché hebdomadaire et ne participaient à aucune activité militaire.

La région de Ménaka demeure l’un des principaux foyers d’insécurité du nord-est du Mali. Depuis plusieurs années, des combattants affiliés au groupe État islamique y mènent des attaques contre les forces armées et les populations civiles. Face à cette menace, les Forces armées maliennes (FAMa), poursuivent des opérations de sécurisation autour de la ville de Ménaka et dans les localités environnantes.

Les frappes de drones régulièrement utilisées

L’armée est appuyée par l’Africa Corps russe ainsi que par des groupes armés alliés, notamment le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) et le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA). Les autorités militaires multiplient les patrouilles terrestres et les opérations aériennes afin de contenir les activités des groupes armés présents dans cette partie du pays.

Les frappes de drones sont régulièrement utilisées dans le cadre de ces opérations. Dans ses derniers communiqués, l’état-major général des armées a indiqué avoir mené plusieurs opérations militaires dans différentes régions du Mali. L’armée affirme notamment avoir démantelé un réseau de trafic de carburant le 22 juin à Lobougouloa, dans la région de Sikasso.

Des accusations récurrentes concernant des victimes civiles

Elle annonce également avoir conduit des frappes aériennes le 25 juin dans le secteur de Bambara Maoudé, dans la région de Tombouctou, où elle indique avoir neutralisé plusieurs personnes présentées comme appartenant à des groupes armés. Parallèlement, le Front de libération de l’Azawad (FLA) a revendiqué des attaques menées au moyen de drones contre le camp militaire d’Anéfis, dans la région de Kidal.

Le mouvement affirme que ces opérations ont provoqué des pertes humaines et matérielles, sans fournir davantage de précisions. L’incident de Tidermène intervient plusieurs mois après d’autres accusations portant sur des pertes civiles lors d’opérations militaires dans différentes régions du Mali.

L’armée malienne peine à redresser une situation sécuritaire instable

En mars 2026, plusieurs organisations locales avaient signalé la mort de civils près de la frontière mauritanienne. Selon ces témoignages, plusieurs commerçants, dont certains possédaient la nationalité mauritanienne, auraient été arrêtés avant d’être retrouvés morts dans des circonstances faisant l’objet d’accusations d’exécutions sommaires. Les autorités maliennes n’avaient alors publié aucun communiqué détaillant ces événements.

En novembre 2025, des organisations locales avaient également fait état de la mort de plusieurs civils dans la région de Tombouctou à la suite d’opérations militaires. Ces informations évoquaient notamment des décès signalés dans les secteurs d’Essakane, Bintagoungou, Tin-Aicha et Gargando. Le Mali demeure confronté à une crise sécuritaire persistante depuis plus d’une décennie.

Toute la lumière sur les incidents de Tidermène

Les régions de Ménaka, Gao, Tombouctou, Kidal, Mopti et une partie de Ségou sont régulièrement le théâtre d’opérations militaires, d’attaques de groupes armés et de violences touchant les populations civiles. Les autorités de transition poursuivent leurs opérations contre les groupes djihadistes et les organisations armées présentes dans plusieurs zones du pays. Dans le même temps, des organisations de défense des droits humains continuent de documenter les conséquences des affrontements sur les populations civiles.

Notons qu’aucune communication officielle n’a été publiée par l’état-major malien concernant la frappe survenue près de Tidermène. Les circonstances exactes de l’incident ainsi que les conditions dans lesquelles le véhicule a été ciblé n’ont pas été précisées par les autorités. Plusieurs organisations locales demandent que toute la lumière soit faite sur les faits ayant entraîné la mort des huit civils.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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