L’armée ivoirienne, la grande inconnue

Pour l’instant, l’armée ivoirienne semble être mise au pas par Gbagbo. Elle s’est résignée, si elle n’a pas initié le mouvement elle-même, à la tendance politique du moment : TSO. Tout sauf Ouattara. Les risques de son implosion ne sont pas négligeables.

L’armée ivoirienne s’achemine à une purge des ouattaristes de ses rangs. Avec la nomination du général Mathias Doué comme chef d’état-major, le président Gbagbo a choisi clairement d’exclure les sympathisants de Ouatara des postes clés dans l’armée. Les anciens numéro 2 et 3 de la junte militaire, Lassana Palenfo et Abdoulaye Coulibaly, ont été arrêtés malgré la promesse du candidat Gbagbo de les gracier après les présidentielles. Accusés de tentative d’assassinat de l’ancien chef de l’Etat, Robert Gueï, les deux généraux ont le principal défaut d’être considérés comme des proches d’Alassane Ouatara.

Le président Gbagbo a cherché, dès son élection, à élargir sa base. Il a phagocyté le général Gueï en intégrant les officiers de l’ancien régime. Mieux, ils sont promus dans les plus hautes sphères. L’ancien chef de la garde présidentielle, Boka Yapi, a eu les faveurs du nouveau régime pour sa collaboration active. Il avait contribué à rapprocher Gueï et Gbagbo.

La mémoire sélective de Gbagbo

Tout en purgeant l’armée, Laurent Gbagbo fait les yeux doux au PDCI, l’ex-parti unique. Cette alliance politique, qui exclut de facto Ouattara, semble être le prolongement d’un programme bien établi. Les spécialistes parlent de TSO, tout sauf Ouattara. Le FPI, parti au pouvoir, n’est crédité que de 40%. Il a besoin d’alliés pour gouverner, pour asseoir le pouvoir du président.

Mais la grande inconnue demeure la réaction des militaires  » malinkés « , originaires du nord du pays. Les dirigeants du RDR commencent à développer la menace de sécession. Rien ne dit que les militaires pro-Ouattara resteront silencieux plus longtemps.

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