L’armée française accusée de « crimes de guerre » en Centrafrique

Le coordonnateur des Forces républicaines nouvelles (FRN, rébellion), Christophe Gozam Betty a accusé, jeudi à Paris, l’armée française d’avoir commis des « crimes de guerre » début mars à Birao, dans le nord-est de la Centrafrique, lors de son intervention aux côtés des Forces armées centrafricaines (FACA) contre la rébellion.

« L’armée française a bombardé des villages dans la région de Birao. Si ces actions avaient été perpétrées ailleurs qu’en Centrafrique, la France aurait déjà envoyé une enquête internationale », a déclaré M. Gozam Betty, lors d’un entretien accordé à la PANA.

« Il s’agit d’actions qui appartiennent à la famille des crimes de guerre et qui doivent être déférées devant la Cour pénale internationale (CPI). Nous avons entre les mains des rapports onusiens très accablants à ce sujet », a dit le coordonnateur des FRN.

M. Ghozam Betty a dénoncé l’incohérence de la politique française en Centrafrique, rappelant que Paris avait refusé de répondre favorablement à la demande d’intervention militaire de l’ancien président Ange-Félix Patassé.

« Quand le président Patassé avait demandé en son temps l’application des accords de défense, la France avait refusé, lui conseillant plutôt d’ouvrir le dialogue avec ses opposants. Avec Bozizé la même France change d’attitude et engage son armée en Centrafrique », a fait remarquer l’opposant centrafricain, ancien ambassadeur de son pays en Chine.

Une information relayée par l’ONG Survie

« Les autorités françaises auraient dû imposer le dialogue à leur poulain Bozizé plutôt que de laisser bombarder des villages dans la zone de Birao », a-t-il ajouté.

Les accusations de la rébellion centrafricaine ont été relayées début avril à Paris par l’ONG française Survie qui estime qu’au bas mot, les forces françaises ont assisté sans rien faire aux représailles des FACA à Birao.

« Les commandos français agissent aux côtés des soldats centrafricains qui ont commis les exactions et Paris ne dit rien », s’est indignée Survie, réputée pour son engagement contre « la Françafrique ».

La présence d’officiers français au sein de l’état-major des FACA et la nomination d’un conseiller militaire français directement rattaché au président Bozizé ont par ailleurs jeté le trouble sur le rôle exact des forces françaises en Centrafrique.