L’Arizona unit les leaders afroaméricains et les Latinos

Les deux communautés unissent leur force contre la polémique Loi SB1070.

Claudia Núñez | La Opinión

Traduit de l’espagnol par Guy Everard Mbarga

Les – prières des Afro-Américains devant le Capitole de l’Arizona sont passées au plan judiciaire ce lundi lorsque les leaders nationaux de cette communauté ont fait une demande légale en Cour fédérale pour demander l’abrogation de la loi SB1070.

Avec cette plainte, les dirigeants permettront ainsi d’établir que la loi anti – immigration la plus stricte du pays a eu une conséquence qui avait disparu depuis des décennies dans l’état de l’Arizona: une union entre les Noirs et les Latinos.

« Cette lutte est inspirée par l’esprit de Martin Luther King. Les politiciens de l’Arizona ont attendu trop longtemps avant d’approuver un jour férié en son honneur, et maintenant l’État a de nouveau fait honte à la lutte de notre leader en punissant les Latinos de manière sélective. Heureusement, l’antidote est déjà en marche. Cet outrage nous a poussé à former une coalition commune entre les Latinos, Afro-Américains et Amérindiens « , déclare le révérend Jesse L. Jackson.

Selon les experts, Les images des étudiants et des paysans hispaniques portant d’énormes photographies de Martin Luther King lors des dernières manifestations sont aussi le reflet de l’union entre les deux races.

« L’alliance est un phénomène unique de solidarité. Personne autant que la communauté noire n’est conscient du fait que l’injustice est d’ordre racial, parce que cette communauté l’a vécu et ils se demandent, ‘si nous ne faisons rien, qui seront les suivants, les Juifs, les Asiatiques ? « , déclare le maire adjoint de Phoenix, Michael Phoenix Nowakowski à La Opinión.

Mais certains observateurs indiquent que le message de rejet des grands leaders noirs n’est pas véritablement un sentiment partagé par le reste de la communauté noire.
« Il existe une déconnexion silencieuse mais évidente entre le soutien déclaré des leaders et l’antipathie que de nombreux noirs ressentent face à l’immigration illégale. Beaucoup les considèrent comme responsables de la pauvreté et de la fracture des emplois dans leurs communautés « , affirme l’analyste et écrivain Earl Ofari Hutchinson.

Hutchinson souligne qu’en 1994, près de 50% de l’électorat afroaméricain ont soutenu la proposition 187 en Californie qui refusait les services publics en faveur des immigrants sans-papiers.

Ce qui donne un caractère unique à cette contestation est que, malgré la perception que les immigrants illégaux sont responsables de la crise économique dont souffrent des dizaines de familles noires pauvres, la majorité des grandes associations nationales reconnaissent que la lutte n’est pas une bataille sur l’immigration, mais plutôt un combat contre une loi qui détruit les garanties individuelles, dit Leila McDowell, porte-parole de la National Urban League et de l’Association nationale pour la promotion des personnes de couleur (NAACP son sigle en anglais).

« Il ya beaucoup de travail à faire et la crise économique a compliqué nos relations, mais si quelqu’un connait la douleur et la frustration de se sentir persécuté à cause de son profil racial, ce sont les noirs, et nous allons montrer aux Hispaniques qu’ils ne sont pas seuls », déclare McDowell.

Loin des agendas politiques, la Fraternité Américaine des Afro-Américains Alpha Phi Alpha, la plus ancienne et la plus prestigieuse du pays de ce groupe a également indiqué son rejet de la loi en annonçant qu’elle allait annuler la célébration de sa convention annuelle prévue à Phoenix.

Pour sa part, la National Urban League (NUL) a qualifié la SB1070 d’énorme recul pour les droits civiques.

« Des dizaines de milliers d’innocents et les résidents légaux de l’Arizona sont vulnérables au harcèlement, à la détention et l’emprisonnement simplement sur la base de la perception de leur origine ethnique », déclare Marc Morial Président de la NUL.

Le message se répète dans les chaires des églises. Des Révérends comme Al Sharpton prononcent des discours fervents, prient et mènent des marches de masse pour bien montrer que contre la loi de l’Arizona, les Hispaniques ne sont pas seuls et ils affirment désormais que la pression se fera sur le plan légal.

« Si tu ouvres la porte à une politique de deux poids deux mesures pour certains, fais de même pour tous », déclare Sharpton.