« L’archipel des échappés » : le webdoc qui explore les identités algériennes

L’archipel des échappés est un webdocumentaire qui navigue entre les îlots qui constituent l’identité algérienne. Conçu et réalisé par les journalistes Stéphanie Plasse et Laura Guien en collaboration avec Websailors, il est disponible depuis ce jeudi où les Algériens célèbrent le cinquantenaire de leur indépendance. L’archipel des échappés raconte subtilement ceux et celles qui se réclament d’Algérie.

« Algérie. En arabe classique, Al Djezaïr : « Les îles », pour désigner l’archipel face à la baie d’Alger, ou comme une métaphore d’un pays, entre mer et désert. D’une rive à l’autre de la Méditerranée, en France comme en Algérie, que signifie être algérien, ou d’origine algérienne ? » , lit-on avant de s’introduire dans L’archipel des échappés. Un archipel reconstitué par les journalistes Stéphanie Plasse, qui a travaillé à la rédaction d’Afrik.com, et Laura Guien, en collaboration avec l’agence Websailors. Ce webdocumentaire, mis en ligne ce 5 juillet – fête du cinquantenaire de l’Algérie -, explore les différentes facettes de l’identité algérienne à travers des portraits de femmes et d’hommes qui se disent Algérien, Français d’Algérie, Franco-algérien ou encore Français d’origine algérienne. Leur voix, en off, décrypte cette part d’Algérie qui les habite. A travers photos et vidéos, Stéphanie Plasse et Laura Guien offrent un laisser-passer à l’internaute pour accéder à ces îlots privés.

Le parcours de Farès, 35 ans, ex-vétérinaire devenu pizzaiolo et apiculteur, rappelle ainsi le traumatisme de la la guerre civile.
Illiesse (21 ans), qui se décrit comme Français d’origine algérienne (ses deux parents sont algériens), évoque, lui, par exemple cette « Algérie des vacances ». Quant à Leïla (24 ans), de mère française et de père algérien, elle parle notamment de cette langue non maîtrisée qui l’a empêchée de revendiquer son « côté algérien ». La jeune femme jugeait alors sa démarche illégitime dans de telles conditions.

Histoires d’identités algériennes

L’archipel des échappés, c’est aussi Mehdi, Algérien et fils de diplomate. Ses voyages à travers le monde l’ont, paradoxalement, aidé à forger son identité algérienne. Autre univers, celui d’Alexandre, 60 ans, qui témoigne de son vécu de «Français d’Algérie». Enfin, Saleh et Fatima, tous deux la soixantaine, sont des immigrés algériens qui ont aujourd’hui la double nationalité française et algérienne. Le couple illustre 60 ans de relations franco-algérienne post-indépendance. Ces tranches de vie sont à découvrir grâce à une double navigation. L’internaute peut accéder à chacun d’elles par les îlots correspondants ou par l’une des six thématiques développées dans le webdocumentaire (racines, fractures, regards, résistance, échappée ou croyances).

Dans un environnement graphique, inspiré du monde maritime, et subtilement évocateur des spécificités culturelles algériennes, L’archipel des échappés offre une expérience à la fois révélatrice et respectueuse de l’intimité de ceux et celles qui dévoilent un pan fondateur de leur histoire personnelle. L’usage de la voix off et des images animées confèrent cette atmosphère inédite à l’œuvre. Au final, l’expérience est enrichissante et devrait être enrichie. L’archipel des échappés sera complété par de nouveaux îlots à la rentrée 2012.

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