L’Angola chez soi

 » Kaxexe « , le cru 2003 de Bonga, souffle la même énergie que l’oeuvre pléthorique de l’artiste angolais. Une voix, des rythmes, une âme, une production acoustique soignée, la recette du succès est immuable.

Le moins que l’on puisse dire c’est que Bonga affiche une constance insolente dans sa carrière musicale. Avec déjà plus de 30 albums à son actif, l’artiste angolais -au timbre inimitable- continue à chanter son pays avec force, passion et talent. Kaxexe, sa dernière production, évidemment acoustique, ne déroge pas à la règle.

A 60 ans, l’éternel militant culturel n’a rien perdu du feu sacré qui l’anime. En écoutant un tant soi peu l’album on imagine sans peine la chaude ambiance que Bonga doit faire régner en live. Mais la différence -et elle est de taille- avec bon nombre d’ambianceurs du moment, c’est que la musique de l’artiste est d’une remarquable finesse musicale. Une musique à danser mais également à savourer.

Toujours au top

La locomotive Bonga sait tout de même lever le pied pour vous faire traverser les paysages beaux et mélancoliques de son Angola natale, digne et fière malgré la souffrance et l’adversité, ses deux trop fidèles compagnons. Toute cette sensibilité s’exprime à travers la voix éraillée si caractéristique de la star lusophone. On se demande vraiment pourquoi cet homme-là n’est pas aussi connu en France et en Europe qu’une certaine diva aux pieds nus…

Patrimoine vivant de l’Angola, patrimoine vivant de l’Afrique, Bonga est l’un des derniers grands de la musique du continent encore en activité. Et toujours dans des rôles de premier plan. Chacun de ses albums est un événement. Kaxexe, est de ces albums qu’on peut laisser tourner sur sa platine sans zapper de morceau. Pas de planche pourrie pour cet opus gorgé de vie. Une valeur sûre. Comme d’habitude.

Pour commander l’album : Bonga, Kaxexe, Lusafrica, 2003

Bonga sera en concert les 23, 24, 25 avril au New Morning, 7-9 rue des Petites Ecuries, 75010 Paris, 01 45 23 51 41.

Lire l’interview de Bonga.