L’amour et la haine

Algérie. Voilà un sujet sensible. Il ne laisse personne indifférent. Algérie-France. Relations passionnelles. Tantôt amoureuses, tantôt beaucoup moins. Quarante ans après la signature des accords d’Evian, les blessures sont toujours vivaces. Des deux côtés de la Méditerranée. Les deux Etats se sont longtemps ignorés, pour des raisons de politique intérieure et pour des  » raisons historiques « . Entre Paris et Alger, la méfiance a toujours prévalu. Entre l’ancien pays colonisateur et l’ex-colonisé, c’était un jeu de  » je t’aime, moi non plus « .

Le poids de l’Histoire. Si la France avait éprouvé les pires difficultés à regarder son passé algérien peu glorieux, elle commence à y venir. A reculons car les acteurs de l’époque sont encore vivants. Et les généraux tels qu’Aussaresses qui assume torture et assassinats ou comme Massu qui dit regretter les pratiques de l’armée française durant  » les évènements d’Algérie  » ne sont pas pour apporter de la sérénité. Paris se bouche les oreilles devant des révélations qui mettent à mal son statut de  » patrie des droits de l’Homme « . Et préfère laisser le temps au temps.

Alger se bouche aussi les oreilles. Les révélations des officiers français donnent des sueurs froides à leurs collègues algériens. Nombreux sont ceux qui avaient rejoint l’armée algérienne après les accords d’Evian. Et le pouvoir algérien tient sa légitimité de  » la révolution algérienne « . Laisser l’Histoire remonter à la surface peut déborder du cadre du passé pour envahir le présent. Or, le sacré fuit la vérité.

France-Algérie. Une relation charnelle. Si Alger l’orgueilleuse s’étrangle dès que Paris ose commenter  » la nouvelle guerre d’Algérie « , c’est que les liens historiques sont encore très forts. Si Paris ne peut rester indifférent, ne serait-ce que pour la communauté algérienne vivant en France, sur ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée c’est aussi parce que les deux pays ont une histoire charnelle. Le temps permettra peut-être à la sagesse de prendre la pas sur la passion. A défaut d’une volonté politique claire.