L’Algérie prête à lutter contre la grippe aviaire

Après les différentes alertes à la grippe aviaire lancées cette semaine, notamment en direction de l’Afrique du Nord et de l’Afrique sub-saharienne, les Etats s’organisent. A l’instar de l’Algérie qui s’affirme prête à gérer une crise si besoin était.

L’Algérie est bien « rodée » en matière de prévention contre la grippe aviaire et il ne faut « surtout pas verser dans l’alarmisme » inutilement, a estimé, mercredi à Alger, le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Abdesselem Chelghoum. « L’Algérie a pris des mesures préventives depuis les années 2000, lorsque s’est déclarée la grippe aviaire en Italie », a indiqué M. Chelghoum, lors d’une conférence de presse sur l’évolution de la situation de cette maladie dans le monde et le dispositif de surveillance et de prévention mis en place en Algérie.

S’étonnant de la « sur-médiatisation » dont fait l’objet cette épidémie, le responsable algérien a rappelé que la grippe aviaire s’était déjà déclarée par le passé dans de nombreux pays comme
aux Pays-Bas et en Allemagne en 2003, ajoutant que le travail de prévention « n’est pas nouveau chez nous et est même, au ministère, un travail continu et routinier ». A l’appui, il a cité la maladie dite de la vache folle, « beaucoup plus dangereuse », selon lui, et qui a été traitée « à temps grâce à des mesures draconiennes », la fièvre aphteuse, « jugulée en trois mois » et la maladie dite « bluetongue ».

Cellule de suivi et de veille

S’agissant des mesures prises cette année, M. Chelghoum a affirmé que l’Algérie les avait renforcées en terme d’organisation et de suivi par l’installation, à la veille du Ramadan, d’une cellule de suivi et de veille composée d’une commission centrale et de commissions de wilayas (préfecture). La commission centrale, a-t-il expliqué, est chargée essentiellement de suivre la situation internationale, étant donné que l’Algérie n’a pas été touchée par cette maladie.

Sur le plan local, chaque wilaya est dotée d’une commission regroupant le directeur local des services vétérinaires, le conservateur des forêts, l’inspecteur vétérinaire et éventuellement le directeur du parc national de la zone humide qui font de la prospection sur le terrain, a-t-il ajouté. La commission centrale est alimentée en informations provenant de ces commissions de wilayas et il y aura un échange régulier d’informations, le dispositif étant adapté suivant l’évolution de la maladie, a-t-il poursuivi. M. Chelghoum a également cité l’interdiction de l’importation des intrants avicoles (poussins et oeufs à couver) ainsi que la sensibilisation des voyageurs algériens vers l’étranger sur les risques de la maladie en leur conseillant de ne pas s’approcher des volailles et des oiseaux exotiques.

La grippe aviaire ne passera pas par l’Algérie

Sachant que la grippe aviaire se transmet par les oiseaux migrateurs et étant donné que les flux les plus dangereux sont ceux venant des régions de Sibérie et d’Asie, le Secrétaire général a affirmé que l’Algérie n’est pas traversée par ces flux et ne constitue pas un couloir pour ces volatiles. « Concernant l’Afrique du Nord, ces oiseaux migrateurs ne traversent que la Tunisie », a-t-il dit, en ajoutant que l’Algérie est traversée par les flux d’Europe occidentale où des mesures importantes de prévention ont déjà été prises.

« Ceci n’exclut pas le fait que nous sommes en train de suivre ces flux et de les prendre en compte dans le dispositif de veille mis en place », a-t-il fait remarquer. A une question relative à la disponibilité des moyens, M. Chelghoum a indiqué que ses services étaient suffisamment dotés grâce notamment aux 100 000 équipements jetables acquis durant la lutte anti-acridienne.