L’Algérie n’est pas un dépotoir maritime

Sous la pression des nouvelles réglementations européennes en matière de pêche, les marins espagnols cherchent à se débarrasser de leurs bateaux. Les acheteurs intéressés sont des armateurs tunisiens, algériens et mauritaniens. Mais à Alger, l’état des embarcations éveille la suspicion…

Selon l’agence Europe Press, une réunion regroupera prochainement le conseiller de l’Agriculture et de la Pêche de la région d’Andalousie, Paulino Plata, et les représentants des sociétés de pêches installées en Tunisie, en Algérie et en Mauritanie. L’enjeu des négociations : la vente d’une soixantaine de bateaux de pêche andalous. La réunion, qui se tiendra à Malaga, regroupera les représentants du secteur de la pêche, explique le conseiller. En sous-main, il reconnaît également que la flotte espagnole connaît actuellement une situation difficile. Les récentes directives de l’Union européenne sur la limitation du droit de pêche restreignent le nombre de bateaux autorisé à exploiter les eaux territoriales. Et contraignent les pêcheurs à vendre.

Ferrailleurs espagnols

Pour que les marins-pêcheurs ne paient pas  » les pots cassés  » des décisions de Bruxelles, Paulino Plata affiche donc sa volonté -et celle du gouvernement espagnol- de soutenir la vente de leurs embarcations. Mais à Alger, les responsables de la pêche sont de plus en plus méfiants.  » Le règlement est clair. Les opérateurs ont toujours été autorisés à importer des bateaux de pêche d’Espagne ou d’autres pays, mais l’âge du bateau ne doit pas dépasser dix ans « , précisent-ils fermement. Ces conditions en matière d’âge et de sécurité doivent assurer le renouvellement de la flotte nationale. Cependant, une fois informés de ces normes législatives, les armateurs sont seuls face à leur choix. Et s’ils décident d’acheter de vieux rafiots à bas prix, l’Etat aura bien du mal à les en empêcher…

 » L’Algérie n’est pas un dépotoir. Et les bateaux importés doivent répondre aux normes de navigation « , rappellent donc fermement les responsables de la pêche à Alger. Et pour donner peut-être plus de poids à leurs propos, ils soulignent que les pêcheurs algériens intéressés par l’exploitation performante de leurs ressources halieutiques peuvent bénéficier de subventions de l’Etat pour le renouvellement de leur flotte et le renforcement de la production à travers l’aquaculture.

K.Assia