L’Algérie maintient sa position contre une intervention militaire au Mali

Une éventuelle intervention militaire dans le nord du Mali afin de reconquérir les régions contrôlées par les groupes armés aura, selon le gouvernement algérien, des impacts négatifs en Algérie.

(De notre correspondant)

L’Algérie, qui partage plus de 1000 kilomètres de frontières avec le Mali, suit attentivement les événements qui se déroulent au Nord-Mali. L’éventualité d’une intervention militaire au Mali inquiète au plus haut niveau l’Etat algérien qui maintient son opposition à l’option militaire. Par la voie de son ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, M. Daho Ould Kablia, le gouvernement algérien met en garde contre les conséquences d’une intervention militaire dans le nord de ce pays du Sahel. « Vouloir reconstituer l’unité du territoire malien par la force est une aventure qui ne pourra jamais réussir, car il s’agit d’engager une confrontation militaire qui risque d’exacerber les tensions dans toute la région » a-t-il souligné, cette semaine, sur les ondes de la chaîne III de la Radio algérienne.

Cette sortie médiatique en dit long sur l’intérêt qu’accorde l’Algérie à l’option pacifique dans le règlement de la crise malienne en réunissant autour d’une même table tous les protagonistes. « Il faut un traitement politique qui consiste à amener les gens du nord (du Mali) qu’ils soient du Mouvement national de libération de l’Azawad ou d’Ansar Dine, à négocier librement avec les autorités centrales de Bamako pour aboutir à une solution permettant la réunification de ce pays ».

Doutes sur l’efficacité des troupes africaines

La décision de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, prise lors d’un sommet extraordinaire à Abuja (Nigeria), d’envoyer au Mali une force de 3 300 soldats pour reprendre le contrôle du nord du pays est loin d’être du goût des dirigeants algériens qui ont remué ciel et terre pour obtenir du groupe Ansar Dine une décision de se démarquer de la nébuleuse Al Qaida. Mais aussi d’épouser l’option politique et diplomatique dans le règlement de la crise. Sur le terrain, des sources très au fait de l’actualité malienne parlent d’une préparation active des groupes armés qui contrôlent le Nord-Mali. Nombreux jihadistes y sont venus pour prêter main forte à leurs « frères du jihad » et attendent de pied ferme les forces africaines.

Plusieurs avis convergent quant à l’efficacité des forces africaines d’y faire face au regard de l’expérience acquise par les jihadistes de tous bords qui s’y trouvent depuis plusieurs mois et rompus au maniement des armes, même lourdes. Une partie de l’arsenal militaire libyen s’y trouve aussi ce qui risque d’accroître davantage les risques d’une « afghanisation » generalisée de la région du Sahel.