L’Algérie à la conquête des touristes français

Le stand de l'Algérie

L’Algérie a participé à la première édition du salon « Le Monde à Paris » qui s’est déroulé du 13 au 17 mars à Paris. L’occasion pour Cherif Rahmani, le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme, de réaffirmer l’importance stratégique du marché hexagonal pour un pays dont l’ambition est d’accueillir 2,5 millions de touristes en 2015.

Cherif Rahmani
L’Algérie est « en construction touristique » pour Cherif Rahmani, le ministre algérien de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme qui s’exprimait, vendredi, dans le cadre de la première édition du salon « Le Monde à Paris » (13 au 17 mars 2008). Un magnifique stand de 153 mètres carré pour témoigner de l’hospitalité des peuples du désert algérien (Sud) et de tout un pays sur un marché français que les autorités algériennes souhaitent «fidéliser ». Après les immigrés algériens, qui représentent à eux seuls 71% du flux touristique, les Français figurent en bonne place : ils étaient 170 000 sur les 1 741 000 visiteurs qui ont foulé le sol algérien en 2007. L’Algérie attire également beaucoup de Tunisiens et espère, à long terme, susciter autant d’intérêt chez les ressortissants des pays du Golfe.

Le tourisme pour sortir de l’économie de rente

Le stand de l'AlgérieEmetteur de touristes, elle ambitionne désormais d’équilibrer la balance en devenant un important récepteur, à l’instar de ses voisins marocain et tunisien, sans pour autant commettre les mêmes erreurs. Au tourisme de masse, l’Algérie veut opposer un tourisme de qualité qui s’appuie sur un trio gagnant : mer, Sahara et culture. Pour opérer cette mutation nécessaire, née d’une volonté politique et d’un impératif économique, celui de ne plus faire reposer l’économie algérienne sur la rente pétrolière, les autorités algériennes ont mis en branle un programme à l’horizon 2025. Le Schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT) a été encore récemment décortiqué lors des premières Assises nationales et internationales du tourisme qui se sont tenues à Alger, à la mi-février. En 2015, le tourisme devrait représenter 3% du PIB contre 1,7% aujourd’hui, et 2,5 millions de visiteurs.

En finir avec l’image d’un Algérie qui rime avec terrorisme, héritée de la crise politique du début des années 90, demeure la première des priorités de cette stratégie touristique. D’autant plus que, selon Cherif Rahmani, le terrorisme est devenu une menace internationale qui ne touche pas seulement l’Algérie. Il a également insisté sur le fait que son pays jouait la carte de la transparence en donnant des informations précises sur ces attaques terroristes et prenait les mesures de sécurité qui s’imposaient. Les attentats répétés de ces dernières années n’ont pas vraiment découragé les touristes dont le nombre est en hausse de 6,5% par rapport à 2006.

La France, « un marché à fidéliser »

L’Algérie compte d’ailleurs beaucoup sur les Européens – Espagnols, Italiens, Anglais et Allemands –, mais surtout sur les Français pour porter cette dynamique. Cherif Rahmani a ainsi annoncé qu’une Maison de l’Algérie verrait le jour en France. Une initiative qui illustre, entre autres, « l’articulation de la chaîne touristique » souhaitée par le ministère du Tourisme qui veut faire converger les efforts de tous les acteurs de la filière vers un même objectif. L’Algérie entend accueillir ses visiteurs dès les portes de ces représentations consulaires bien que la question des visas cristallise toutes les critiques faites à des responsables algériens qui ont fait du développement du tourisme un impératif.

Hassan Ahdab
Attirer les touristes, certes, mais encore faut-il se donner les moyens de les accueillir. L’Algérie compte environ 85 000 lits qui doivent être mis aux normes internationales pour lui permettre de disposer d’une capacité d’accueil de 75 000 lits en 2015. En outre, des exonérations et incitations fiscales sont prévues pour inciter aussi bien les entrepreneurs locaux qu’étrangers à investir. En Algérie, 274 hôtels sont en cours de construction et représenteront une capacité de 29 386 lits supplémentaires sur l’ensemble du territoire. Dans un autre registre, le groupe hôtelier Starwood Hotels & Resorts, déjà présent à travers deux hôtels en Algérie – le Sheraton Club des Pins à Alger et le Sheraton Oran-, veut participer à la valorisation du patrimoine hôtelier algérien. Hassan Ahdab, vice-président zone Afrique et Océan Indien du groupe, a indiqué vendredi que la multinationale espère ainsi, d’ici 2009, intégrer le mythique hôtel 5 étoiles El-Aurassi dans son portefeuille. Vingt-trois villages touristiques sont aussi en cours de réalisation. Des signes que la destination Algérie « se fabrique », dixit Cherif Rahmani, doucement mais sûrement.