L’AGRA et le NEPAD mettent en place un partenariat historique destiné à augmenter rapidement la production alimentaire et à parvenir à la sécurité alimentaire en Afrique

L’Alliance pour une Révolution verte en Afrique (AGRA) et le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) ont annoncé aujourd’hui la mise en place d’un partenariat d’un type nouveau qui liera les engagements des gouvernements africains en faveur du développement agricole avec des programmes concrets concernant les semences, la fertilité des sols, la politique et les marchés.

« Ce partenariat permettra aux pays africains de combler le fossé entre les intentions et les actions, au bénéfice des petits exploitants agricoles », a déclaré M. Kofi Annan, Président de l’AGRA et ancien Secrétaire général des Nations unies. « La NEPAD a mobilisé le soutien public des gouvernements africains pour faire de l’agriculture et des investissements dans ce secteur une priorité. L’AGRA conçoit et diffuse les technologies dont les agriculteurs ont besoin, encourage les réformes politiques, met en place les marchés et implique le secteur privé. La combinaison de nos efforts constituera une force motrice du changement dans toute l’Afrique. »
Sur la base de ce protocole d’accord, les deux organisations joindront leurs forces pour travailler directement avec les gouvernements nationaux et les différents partenaires de la chaîne de valeur agricole dans le cadre d’un effort global visant à accroître la productivité des petits exploitants africains producteurs des récoltes de base. Elles s’attacheront notamment aux plans de développement des greniers alimentaires à fort potentiel des pays africains.

« Une stratégie africaine qui augmente la productivité des petits exploitants agricoles est indispensable pour atteindre notre objectif de 6 % de croissance annuel dans l’agriculture », a déclaré le Dr Ibrahim Mayaki, Président de la NEPAD, qui a signé ce protocole d’accord avec l’AGRA.

La NEPAD travaille en étroite collaboration avec les gouvernements africains pour mettre en œuvre le Programme détaillé de développement agricole pour l’Afrique (PDDAA), qui constitue un cadre permettant d’accélérer la croissance économique et de renforcer la sécurité alimentaire par le biais d’investissements plus importants dans l’agriculture. Endossé par les responsables africains, le PDDAA appelle les gouvernements africains à affecter 10 % de leurs budgets nationaux à l’agriculture, afin de parvenir à cet objectif de 6 % de croissance par an.

L’AGRA est une organisation basée sur des partenariats dont les programmes intégrés en matière de semences, de fertilité des sols, d’accès aux marchés, et les analyses de politiques visent à augmenter la productivité des petits exploitants et à transformer l’agriculture africaine en un système très productif, efficace et durable.

« Les responsables africains se sont rassemblés derrière la vision du PDDAA et ont adopté des mesures audacieuses pour mettre l’agriculture au centre du calendrier du développement », a déclaré le Dr Namanga Ngongi, Président de l’AGRA. « Cette vision a encouragé les partenaires du monde entier à soutenir l’agriculture. Notre partenariat permettra d’accélérer la mise en œuvre du PDDAA au niveau des différents pays. »

Les nouveaux partenaires travailleront ensemble dans le cadre des Tables rondes nationales du PDDAA, qui canaliseront les investissements vers la mise en œuvre de politiques et de programmes offrant aux petits exploitants un meilleur accès aux techniques de gestion des sols, aux semences et aux engrais, renforceront leur accès aux marchés et permettront de développer les capacités des institutions africaines à faire avancer la recherche agricole et à développer des politiques agricoles nationales concrètes.

Se fonder sur les progrès enregistrés

« Nous considérons le PDDAA comme un développement historique pour tracer de nouvelles voies au développement agricole de l’Afrique », a déclaré le Prof. Richard Mkandawire, conseiller en agriculture du NEPAD et directeur du PDDAA. « Nous sommes donc ravis de voir l’AGRA s’allier au NEPAD pour travailler de concert à renforcer la productivité agricole et la sécurité alimentaire au niveau des pays. »

Depuis la création du PDDAA en 2003, certains États africains – le Malawi, la Tanzanie, le Rwanda, le Mali, l’Éthiopie, le Ghana et le Nigeria – ont honoré leurs engagements vis-à-vis du PDDAA en allouant au moins 10 % de leurs budgets à l’agriculture.

« Il n’est pas surprenant que les pays qui ont répondu à leurs engagements dans le cadre du PDDAA affichent également une plus grande sécurité alimentaire et une croissance économique plus forte », a expliqué le Dr Akinwumi Adesina, vice-président de la Politique et des Partenariats de l’AGRA.

Ainsi, les politiques gouvernementales, y compris des dotations en semences et en engrais certifiés pour les exploitants pauvres, ont-elles aidé à faire passer le Malawi du statut d’importateur net à celui d’exportateur net de maïs au cours des quatre dernières années, et alimenté un taux de croissance économique national de 7 %. Au Rwanda, la production alimentaire a augmenté de 15 % en 2007 et de 16 % en 2008, après que le pays se fut lancé dans un ambitieux programme de révolution verte qui a renforcé l’accès des agriculteurs à des semences et des engrais de qualité.

« L’Afrique doit conduire son propre développement par le biais de politiques nationales correspondant à ses priorités. Ces politiques permettront de réaliser la croissance économique nécessaire pour sortir des millions de personnes de la pauvreté », a expliqué M. Adesina. « Ce nouveau partenariat se fondera sur les succès obtenus et supportera de nouveaux efforts dans les autres greniers alimentaires de l’Afrique. Il est désormais temps que les actions rejoignent les paroles. »

Depuis 2006, le travail de l’AGRA dans quatorze pays africains a déjà bénéficié à des centaines de milliers de petits exploitants, qui bénéficient aujourd’hui d’un accès à de meilleures semences pour les cultures de base, aux engrais, aux marchés, au financement et à une meilleure gestion des sols et de l’eau. C’est ainsi qu’au Burkina Faso, au Mali et au Niger, 295 000 agriculteurs bénéficient d’une formation au microdosage des engrais et aux manières efficaces et durables d’améliorer les sols et les rendements de cultures de base telles que le sorgho. Parallèlement, les efforts de l’AGRA ont permis de développer trois variétés de sorgho à haut rendement au Mali, et des réseaux d’agro-commerçants dans les villages vendent aux exploitants de toute la région.

Pour évaluer ces efforts et accélérer le rythme des succès, l’AGRA et le NEPAD ont annoncé qu’ils allaient réunir un Forum sur la révolution verte en Afrique en 2010. Ce forum rassemblera l’ensemble des partenaires aux fins d’évaluer les progrès et de définir les investissements nécessaires pour renforcer la chaîne de valeur et le soutien aux petits exploitants agricoles.

« Nous nous félicitons de la mise en place de ce partenariat, qui permettra de mieux coordonner et d’accentuer les efforts pour le développement de l’Afrique », a déclaré Gareth Thomas, le ministre d’État britannique pour le Développement international. « Cette collaboration constituera une contribution importante à la réussite de la Révolution verte en Afrique, pour la sécurité alimentaire et la prospérité. »

A propos du NEPAD-PDDAA

A travers le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), l’Union africaine s’efforce d’augmenter la quantité et la qualité de produits alimentaires produits par l’Afrique, de manière à garantir la sécurité alimentaire des familles et à mieux rentabiliser les exportations. Pour ce faire, le NEPAD rassemble toutes les organisations impliquées dans l’agriculture africaine – et les aide à exprimer leurs besoins et à coordonner leur travail. Le cadre qui guide de travail est le PDDAA, mis en place et dirigé par les nations africaines. Fondé dans le cadre du NEPAD, le PDDAA a été approuvé par l’Assemblée générale de l’Union africaine en juillet 2003. Le PDDAA est présidé par le Prof. Richard Mkandawire, ancien directeur régional du Commonwealth Youth Programme, Africa Centre (CYPAC), et théoricien du développement de grand renom.

Le NEPAD travaille en étroite collaboration avec la Commission de l’Union africaine (CUA), les communautés économiques régionales, les gouvernements nationaux, les instituts de recherche et les organisations d’agriculteurs pour veiller à ce que le rôle essentiel de l’agriculture dans le développement soit bien placé en priorité. De plus, de nombreux partenaires de développements mondiaux à la recherche d’un organisme-phare du développement agricole se sont rassemblés sous la bannière du PDDAA. Pour de plus amples informations, consultez le site web

A propos de l’Alliance pour une Révolution verte en Afrique (AGRA)
L’AGRA est un partenariat dynamique qui travaille sur l’ensemble du continent africain à aider des millions de petits exploitants agricoles et leurs familles à sortir de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’AGRA développent des solutions pratiques pour améliorer de manière significative la productivité agricole et les revenus des déshérités, tout en protégeant l’environnement. L’AGRA milite en faveur de politiques supportant son travail dans tous les aspects essentiels de la chaîne de valeur agricole en Afrique, des semences à l’éducation agricole, en passant par la fertilité des sols, la gestion de l’eau et les marchés.

Le Conseil d’administration de l’AGRA est présidé par M. Kofi Annan, ancien Secrétaire général des Nations unies. Le Dr Namanga Ngongi, ancien directeur adjoint du Programme alimentaire mondial, est le directeur de l’AGRA. Avec le soutien de la Fondation Rockefeller, de la Fondation Bill & Melinda Gates, du ministère britannique pour le Développement international et d’autres bailleurs de fonds, l’AGRA travaille dans toute l’Afrique subsaharienne et dispose de bureaux à Nairobi, au Kenya, et à Accra, au Ghana. Pour de plus amples informations, veuillez consulter le site web