L’Afrique victime collatérale du conflit russo-ukrainien : le cri d’alerte du président ghanéen


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Nana Akufo-Addo
Nana Akufo-Addo

L’invasion de l’Ukraine par la Russie, débutée en février 2022, a eu des répercussions bien au-delà des frontières européennes.

Lors du Sommet mondial pour la paix en Ukraine tenu en Suisse, le président ghanéen, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, a exposé avec gravité l’impact dévastateur de ce conflit sur le continent africain. Selon lui, l’Afrique, bien qu’éloignée géographiquement, subit de plein fouet les perturbations économiques et alimentaires engendrées par la guerre.

Un impact dévastateur sur les économies africaines

Lors de son discours de clôture au sommet, le président Akufo-Addo a souligné que les perturbations du commerce mondial, en particulier le blocus de la mer Noire, ont eu des effets catastrophiques sur les économies africaines.

Les chaînes d’approvisionnement brisées ont entraîné des pénuries alimentaires graves, une inflation galopante et une montée en flèche des prix des denrées alimentaires. Ces crises ont plongé de nombreux pays africains dans une situation de vulnérabilité extrême, accentuant la pauvreté et l’insécurité alimentaire.

Le président ghanéen a insisté sur le fait que les conséquences de l’invasion russe ont transformé l’Afrique en « la plus grande victime du conflit« . Le blocus de la mer Noire a drastiquement réduit l’approvisionnement en céréales, ce qui est d’une importance capitale pour de nombreux pays africains. Cette situation a exacerbé la crise alimentaire déjà précaire sur le continent, ce qui met en péril des millions de vies et déstabilise des économies fragiles.

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Appel à une solution globale et inclusive

Pour Akufo-Addo, la recherche d’une solution durable au conflit russo-ukrainien nécessite l’implication des grandes puissances, notamment la Russie et la Chine. Leur participation aux pourparlers de paix est déterminante pour parvenir à un règlement définitif et durable du conflit.

Il a appelé à un dialogue inclusif respectant les principes du droit international et de la Charte des Nations Unies, soulignant l’opposition de son pays à « l’hégémonie des grandes puissances et à l’intimidation des petits États« .

Le sommet a vu la participation de plus de 90 pays et organisations internationales, dont 11 pays africains, signant un communiqué final conjoint appelant à la cessation des hostilités et au rétablissement de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Cette mobilisation mondiale est un signe fort de la volonté internationale de mettre fin à ce conflit destructeur.

Quelles sont les perspectives d’avenir ?

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé sa gratitude envers le président Akufo-Addo et les autres dirigeants présents pour leur soutien. Il a proposé d’organiser une future réunion au Ghana pour aborder les points clés de la « formule de paix ». Cependant, l’absence de la Russie et de la Chine au sommet a soulevé des questions sur l’efficacité des discussions pour parvenir à une paix durable.

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