L’Afrique se dote de son premier instrument juridique contre l’enrôlement des enfants soldats


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L'Afrique se dote de son premier instrument juridique contre l'enrôlement des enfants soldats
Convention - Enfants soldats

Une vingtaine d’États africains ont lancé, mercredi 23 septembre à New York, la phase de signature de la Convention africaine sur le désarmement, la démobilisation et la réintégration des enfants soldats. Le texte entend renforcer la coopération entre les États du continent face au recrutement et à l’exploitation des enfants dans les conflits armés.

L’Afrique veut renforcer sa réponse face au recrutement des mineurs dans les conflits armés. Dans ce cadre, une cérémonie de lancement de la phase de signature de la Convention africaine sur le désarmement, la démobilisation et la réintégration des enfants soldats s’est déroulée à la Mission permanente du Maroc auprès des Nations unies, en marge de la 81e Assemblée générale de l’ONU. Elle a été présidée par Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.

Pour le chef de la diplomatie marocaine, cette Convention est « l’illustration de la force de l’action collective africaine qui parle d’une seule voix et a confiance en ses propres capacités ». Il a présenté le texte comme un instrument qui va permettre à l’Afrique de créer ses propres normes et de renforcer ses capacités collectives.

La convention prévoit une coopération régionale pour prévenir et combattre l’enrôlement des enfants au sein des groupes armés. Elle doit également faciliter leur prise en charge dans les processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration, avec l’objectif de favoriser leur retour durable au sein de leurs communautés.

Prévenir le recrutement et accompagner les enfants

Au-delà de la lutte contre le recrutement, le texte met l’accent sur l’après-conflit. Il doit permettre aux États africains d’échanger leurs expériences, de partager leurs pratiques et de renforcer leurs mécanismes de prise en charge des enfants sortis des groupes armés.

La convention se situe ainsi au croisement de deux enjeux : la paix et la sécurité d’une part, et la protection de l’enfance d’autre part. Elle entend apporter un cadre commun aux États pour mieux prévenir le recrutement des mineurs et favoriser leur réintégration sociale.

Le projet est issu d’un processus engagé à Rabat le 20 novembre 2025, à l’occasion d’une conférence ministérielle consacrée au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration centrés sur l’enfant. Cette rencontre avait débouché sur la Déclaration de Rabat, avant plusieurs consultations avec des experts africains spécialisés dans les processus de DDR et les États membres.

De la signature à la mise en œuvre

Le lancement de la signature constitue une nouvelle étape dans ce processus. Pour entrer pleinement en vigueur et produire ses effets juridiques, la convention devra encore franchir les différentes étapes prévues par le droit des traités, notamment les ratifications nationales.

L’enjeu sera désormais de transformer les engagements pris à New York en mécanismes concrets sur le terrain. Dans les pays confrontés aux conflits armés, cela suppose des dispositifs capables d’identifier les enfants concernés, de les éloigner durablement des groupes armés et de leur assurer un accompagnement adapté.

Selon des estimations relayées par plusieurs organisations humanitaires (UNICEF, Amnesty International, World Vision), l’Afrique serait le continent le plus touché au monde par le fléau des enfants soldats, avec environ 120 000 à 130 000 enfants enrôlés dans des groupes ou forces armés, sur un total mondial estimé, selon les mêmes sources, entre 250 000 et 300 000.

Casimir Vodjo Kpenou
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Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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