L’Afrique privée de la Coupe du monde ?

Le libéralisme sauvage crée des monstruosités. Les Africains risquent d’être privés de la Coupe du monde. Le détenteur des droits télévisuels de la Coupe du monde 2002, le groupe audiovisuel privé allemand Leo Kirch, monnaye chèrement les droits de retransmission. Fort de sa position de monopole, il a déjà réussi à faire plier certains pays européens. Et l’Afrique ? Pour l’instant, seuls les Sud-africains sont assurés de regarder leur équipe à la télé. La chaîne privée e.tv a acquis les droits de retransmission. Le montant de cette opération est tenu secret.

Comment un événement populaire planétaire peut-il être pris en otage par un groupe de presse ? Au nom de quel droit le magnat Leo Kirch peut-il décider qui a le droit de regarder ou non la Coupe du monde ? Car le mal est là ! Jamais les pays africains ne pourront répondre positivement aux exigences de Leo Kirch.

L’argent sale. Le sport-roi est kidnappé avec le soutien de la Fédération international de football (Fifa). Il est vrai que les sommes qui circulent dans le milieu du football sont abracadabrantesques, que le transfert de Zidane au Real de Madrid peut nourrir une grande partie de la population du Niger en butte à une grave crise alimentaire, que l’hystérie du profit qui sévit autour du ballon rond ne connaît pas de limite, il n’empêche qu’il est immoral de voir une poignée de personnes, sous prétexte d’avoir été généreuses pendant les enchères, dire non à la Coupe du monde pour tout un continent. Nausée du fric-roi.

Les chaînes câblées s’étonnent que les Africains arrivent toujours à inventer des décodeurs pirates. Essayez d’interdire aux supporters de boire à pleins tubes cathodiques la Coupe du monde. Aux détenteurs des droits de transmission, laissez les Africains, et même le reste du monde d’ailleurs, s’enthousiasmer GRATUITEMENT devant les exploits de leurs équipes.