«L’Afrique pense à Olivier Dubois» détenu au Mali depuis 500 jours

Olivier Dubois, journaliste
Olivier Dubois, journaliste français

Cela fait exactement 500 jours que le journaliste français Olivier Dubois a disparu. Enlevé le 8 avril 2021 à Gao, dans le Nord du Mali, l’homme de média est depuis lors détenu par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. Les Sénégalais évoquent cette longue captivité.

A part deux preuves de vie diffusées par ses ravisseurs, l’une en mai 2021 et l’autre en mars 2022, aucune autre nouvelle n’a été donnée au sujet du journaliste Olivier Dubois qui y explique être détenu par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda au Maghreb islamique. Si en France, ses proches parents et autres compatriotes ont les idées tournées vers lui, en Afrique aussi, plus particulièrement au Sénégal, ce sont des pensées pieuses qui sont émises à l’endroit de l’otage. Non sans reprocher à la France une certaine attitude.

«Il suffit de se mettre à la place de sa famille pour comprendre combien cette affaire est douloureuse. Personnellement, j’aurais du mal à supporter cette situation, si ce qui est arrivé à Olivier Dubois était arrivé à un membre de ma famille. Le seul fait de penser à sa situation, être en captivité, pendant plus d’un an, c’est terrible et je prie le Ciel que cette affaire ait une issue heureuse, pour sa famille certes, mais aussi le monde entier qui ne peut pas oublier cette dure situation», confie Souleymane Diop agent commercial.

Pour Aminata Ndiaye, professeur, «c’est une affaire qui émeut toute l’Afrique qui pense à Olivier Dubois. Il n’y a pas que la France qui est affectée par le cas d’Olivier Dubois, mais je dirai le monde entier. Car quelqu’un parti au Mali pour faire son travail de journaliste, se faire capturer et être maintenu en détention pendant tout ce temps, c’est pénible et cruel. Aucun être humain ne mérite un tel sort, pour quelque raison que ce soit. Je pense que le monde entier doit se mobiliser pour faire libérer Olivier Dubois dont la place est dans les rédactions et non entre les mains de groupes armés».

«C’est déplorable qu’un journaliste soit retenu dans des conditions pas très claires, et que sa vie en soit mise en danger. Cette situation pousse à réfléchir sur ce qui passe en Afrique avec la France avec une impopularité grandissante, au Mali, Sénégal, notamment avec les mouvements «France dégage» qui se multiplient sur le continent. C’est une preuve, à mon avis, que la France n’a jamais aussi mal géré ses relations avec l’Afrique», estime pour sa part le journaliste chroniqueur et écrivain, Papa Samba Kane.

Pour celui qui est par ailleurs le directeur de la publication du journal sénégalais Le Politicien, «la France qui était considérée comme une seconde patrie pour des gens de ma génération (il est sexagénaire, ndlr) a perdu son lustre avec sa mentalité et ses pratiques de suprématie, qui font que les populations adhèrent peu à ses combats». PSK, comme il est surnommé, est d’avis que «de manière générale, il est difficile de mener une lutte pendant 500 jours, car à la longue, les gens finissent par s’essouffler. Ce qui est compréhensible, mais encore une fois, c’est une situation déplorable, qui affecte toute la presse et à la quelle on espère une issue heureuse».

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