L’Afrique du Sud en récession : quelles conséquences sur la politique de Zuma ?

La première puissance africaine n’est pas épargnée par la crise. L’Afrique du Sud est entrée en récession pour la première fois en 17 ans. La Nation arc-en-ciel enregistre une baisse de son PIB de 6,4% au premier trimestre 2009, d’après des chiffres publiés mardi par l’Agence nationale des statistiques. Une situation économique à laquelle devra faire face Jacob Zuma, le nouveau président d’un pays déjà durement frappé par le chômage.

Pour la première fois depuis 17 ans, l’Afrique du Sud entre en récession. Selon les chiffres de l’Agence nationale des statistiques, publiés mardi, le produit intérieur brut (PIB) du pays a chuté de 6,4% au premier trimestre 2009. Cette récession pourrait avoir de graves conséquences sur l’emploi dans un pays où le taux de chômage est à 27 % et les licenciements dans les secteurs minier et manufacturier se comptent déjà par dizaines de milliers. Une conjoncture économique grave que devra gérer le nouveau président d’Afrique du Sud qui a fait de la lutte contre la pauvreté l’une de ses priorités. « Jacob Zuma est tiraillé entre son programme populiste qu’il a du mal à financer et la communauté financière qu’il a du mal à contenir », explique à Afrik.com, Philippe Hugon, le directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Le chef d’Etat sud-africain peut adopter deux sortes de politiques : « soit une politique à court terme qui favorise l’inflation et la création d’emplois soit une politique à long terme avec des règles rigoureuses qui l’expose au mécontentement populaire ». Pour Philippe Hugon, sa politique tranche avec celle plus orthodoxe des anciens présidents Nelson Mandela et Thabo Mbeki. Une particularité qui ajouté « à son caractère sulfureux » aurait contribué « à ralentir les projets d’investissement » et donc favorisée la récession.

La fin du modèle économique sud-africain ?

Malgré sa position de première puissance économique africaine, l’Afrique du Sud, en tant que pays émergent, n’a pas été épargnée par la crise mondiale. « La chute du prix des matières premières, la diminution des exportations, les déficits budgétaires et l’importance de la capitalisation boursière sont, à mon sens, les facteurs de cette baisse du PIB », note Philippe Hugon. La demande des pays développés pour les produits des secteurs manufacturier et minier a diminué du fait de la récession mondiale. L’économie sud-africaine qui repose notamment sur les industries minières, a vu sa production d’or baisser de près de 5 % sur un an. Le pays est passé de premier producteur aurifère mondial au troisième rang, derrière la Chine et les Etats-Unis.

Néanmoins, le directeur de l’Iris se veut rassurant. « Les investissements se maintiendront si Jacob Zuma arrête sa politique populiste. Dans ces conditions, il faudra au pays un ou deux ans pour s’en remettre », précise-t-il. La Nation arc-en-ciel n’a pas encore dit son dernier mot.

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