L’Afrique du jazz

Avec son album live African Magic, le trio du pianiste sud-africain Abdullah Ibrahim nous plonge dans la spiritualité du jazz. L’artiste et son instrument mènent le dialogue avec ses musiciens pour nous ouvrir les portes d’un univers riche et intimiste.

L’Afrique musicale n’est pas cantonnée à la musique africaine. Le jazzman sud-africain Abdullah Ibrahim, peu connu du grand public, nous le rappelle avec finesse dans sa dernière production African Magic. Le pianiste et ses musiciens (double basse et batterie) nous invitent, en trio, à voyager dans un univers à la fois feutré et plein de vie.

Abdullah Ibrahim, de son vrai nom Adolphe Brand avant sa conversion à l’islam fin des années 60, est né au Cap en 1934. A 29 ans, il fuit l’apartheid avec sa femme pour se réfugier en Suisse où il exercera son art dans les différents clubs du pays avec sa formation, le Dollar Brand Trio. Et puis ce fût la rencontre. Celle avec le grand Duke Ellington. Séduit par son phrasé musical, il lui propose de financer son premier album. Début de la renommée. Il écume alors les meilleures scènes et affirme un talent de plus en plus reconnu.

Deux nouvelles compositions

Enregistré en live en juillet 2001 à Berlin, l’album African Magic s’écoute pourtant comme une oeuvre studio. Parce que la prise de son ne rapporte absolument pas l’ambiance d’un live -vous n’entendrez aucun applaudissement sur le disque- et parce que la technique d’Abdullah Ibrahim ne souffre aucun écart. Et s’il s’octroie des digressions musicales, elles semblent tout à fait intégrées au répertoire. Un répertoire où l’on notera la présence de deux nouvelles compositions  » Blue Bolero  » et  » Third line samba « .

African Magic nous gratifie de 25 morceaux dont quatre petites piqûres de rappel pour le titre  » Blue Bolero  » savamment distillées tout au long de l’album. Un album où il n’oublie pas de rendre hommage aux deux maîtres du jazz, Duke et Coltrane. Tantôt calme et paisible, tantôt gorgée d’une énergie contenue, la musique d’Abdullah garde toujours la même unité. Une oeuvre pénétrante à savourer, un artiste à découvrir.

Abdullah Ibrahim, African Magic, Enja Music 2002, distribution Harmonia Mundi.

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