L’Afrique contée

Les Editions du Jasmin ont édité une série de six contes africains. Des récits illustrés pour enfants qui racontent des histoires du Mozambique, du Botswana, de Tanzanie ou encore du Sierra Léone. Plongée dans la magie du monde africain.

Les Editions du Jasmin ont édité six contes africains. Voilà une bonne idée de cadeau de Noël et une excellente manière, pour petits et grands, d’aborder la littérature africaine et ses univers parfois obscurs pour un lecteur non initié.  » Ces six contes sont tirés d’un recueil de contes populaires d’Afrique de René Basset qui date du début du siècle. Mais l’originalité de l’édition vient du fait que nous avons sélectionné des histoires de pays qui ne sont pas souvent représentés comme la Zambie ou le Sierra Leone « , explique Youssef Taharraoui, directeur littéraire de la maison d’édition.

Hors des conventions

 » Nous avons voulu éviter les écueils traditionnels. Le premier, celui qui consiste à retranscrire une pensée colonialiste en présentant des histoires de bons noirs dans leurs cases. C’est d’ailleurs souvent le graphisme qui, dans les contes, reflète cette pensée. Le second, celui de proposer des contes inaccessibles aux enfants « , poursuit Youssef Taharraoui. Les éditeurs ont donc adapté certains textes afin de les rendre moins hermétiques, en s’appliquant à éviter tout contresens. Malgré tout, il faut bien avouer que certains aspects des contes nous laissent perplexes. C’est sûrement qu’ils font partie de mythes qui nous sont inconnus ou que certains schémas narratifs échappent à notre esprit occidental et cartésien.

Le format de la collection est très agréable, il permet d’avoir un texte aéré et une édition tout à fait lisible. Les six contes se présentent sous la même forme. La page de gauche est consacrée au texte et celle de droite presque toujours à l’illustration. Les dessinateurs, différents selon les contes, livrent un travail en noir et blanc. Dessins tour à tour réalistes, comme ceux de Yann Lovato, un peu naïfs concernant ceux de Catherine Mondoloni ou d’un style fauve pour ceux de Philippe de Boissy. Les illustrations d’enfants et d’animaux, de paysages magiques et mystérieux, de figures traditionnelles africaines, ravissent les yeux.

Univers africains

Au final, il semble y avoir une cohérence de l’ensemble des six contes. En effet, certaines thématiques sont récurrentes. Parmi elles, celle du courage illustrée dans le conte chambala de Tanzanie La courge qui parlait ou dans celui setchouana du Botswana L’oiseau qui fait du lait. Ou celle du prétendu faible qui se révèle être le plus malin ou le plus fort qui se retrouve dans Le lièvre et la rainette, conte ronga du Mozambique et dans L’histoire de Séédimwé, conte soubiya de Zambie.

Toutes les histoires nous donnent donc à appréhender une part des univers africains. Elles nous plongent le temps d’une lecture dans une culture et un imaginaire trop peu représentés, notamment dans le domaine de l’enfance. Remercions donc les Editions du Jasmin de combler là une lacune. Et à tous ceux qui prétendent que leurs enfants ne sont pas réceptifs à ce genre de contes, rappelons simplement que l’imagination n’a pas de frontières, au même titre que la culture.

Les Editions du Jasmin : 4 rue Valiton, 92110 Clichy.

Pour commander La courge qui parlait aux enfants.