L’Afrique australe au chevet du Zimbabwe

La crise électorale qui secoue le Zimbabwe depuis deux semaines préoccupe les dirigeants africains de la région qui se réuniront à ce sujet samedi à Lusaka, en Zambie. La rencontre s’annonce mouvementée : Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai devraient s’y retrouver.

Les dirigeants de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), présidée par le chef de l’Etat zambien, Levy Mwanawasa, devraient se réunir ce samedi à Lusaka pour un sommet extraordinaire sur la situation post-électorale au Zimbabwe. Selon une source proche de la présidence zambienne, les quatorze pays du bloc régional ont été invités à se joindre à la conférence.

Selon une source proche de la présidence zambienne, les quatorze pays du bloc régional ont été invités à se joindre à la conférence. Depuis les élections du 29 mars, le Zimbabwe est en attente des résultats des présidentielles. Les pays voisins redoutent des violences dans la région et commencent à se mobiliser pour un règlement rapide de la crise.

Robert Mugabe se dit prêt à discuter du conflit politique qui secoue son pays depuis maintenant deux semaines avec ses homologues de la région. Le porte-parole du gouvernement zimbabwéen, Bright Matonga, a déclaré à l’AFP que « le président Mugabe sera sans aucun doute présent » au sommet.

Comme lui, Morgan Tsvangirai, candidat de l’opposition à la présidentielle, compte aussi se rendre à Lusaka, a annoncé jeudi le secrétaire général de son parti, le Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC). Mais la rencontre entre les deux hommes s’annonce houleuse.

Les tensions s’accentuent

Morgan Tsvangirai accuse Robert Mugabe, 84 ans, en place depuis 1980, de préparer « un coup d’Etat militaire » afin qu’il puisse conserver son fauteuil. Au Time Magazine, il déclare: « Nous parviendrons à chasser Mugabe. Mugabe est abandonné. Il est devenu un intouchable dans la région. Au bout du compte, nous le pousserons vers la sortie ».

En tournée dans la région, Morgan Tsvangirai, chef de file MDC, exige de la commission électorale une publication immédiate des résultats. La justice zimbabwéenne a annoncé qu’elle analysera sa requête lundi prochain. Repoussée à de multiples reprises, la décision se fait pressante. La Commission électorale, de plus en plus discréditée, affirme avoir besoin de temps pour vérifier les chiffres obtenus par chaque circonscription.

L’opposition a revendiqué depuis le 2 avril sa victoire aux présidentielles dès le premier tour face au parti au pouvoir ZANU-PF et exclut toute participation à un éventuel second tour, comme l’évoque Robert Mugabe. Elle a cependant remporté les élections législatives: une première depuis 1980.

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