Kweku Adoboli le trader qui a perdu 1,5 milliard d’euros

Certains émigrés africains font parler d’eux par leur réussite, d’autres pour leurs échecs. Mais c’est sans doute la première fois qu’un trader africain réussit à égarer une telle somme. Kweku Adoboli a fait perdre 2 milliards de dollars sur les marchés en spéculant pour le compte de l’Union des Banques Suisses (UBS).

Kweku Adoboli, un trader de 31 ans, est le responsable de la perte chez UBS de 2 milliards de dollars. Les journaux financiers en font le buzz depuis plusieurs jours. Kweku Adobolia été arrêté mercredi soir par la police de la City, à Londres, où il travaillait. Décrit comme un homme social, fêtard et généreux, le jeune trader, né à Accra, capitale du Ghana, est le fils d’un employé des Nations Unies. Il a fait ses études en Angleterre où il a laissé de bons souvenirs rapporte Le Figaro, avant d’entrer en 2006 chez UBS. Il deviendra alors un jeune loup de la finance, surpayé (salaire à 6 chiffres !), travaillant tous les jours jusqu’à minuit et organisant des fêtes où l’alcool coulait à flot raconte la presse.

D’après les premiers éléments de l’enquête, les fraudes qu’il a mises en place remonteraient à 2008 ou après s’être trompé dans la conception d’un nouvel instrument financier, il aurait préféré cacher son erreur, en espérant se refaire par la suite. Une situation qu’il a réussi a maintenir pendant près de 3 ans, avant que la crise financière n’entraîne une enquête interne qui le fasse tomber. Comme le français Jerome Kerviel, qui a fait perdre 5 milliards d’euros à la Société Générale en 2008, ce qui reste le record absolu dans ce domaine, Kweku Adoboli avait aussi travaillé dans la partie « back-office ». Cela aurait pu lui permettre de trouver des failles dans les systèmes de surveillance interne d’UBS qui lui aurait permis ensuite de dissimuler ses manœuvres frauduleuses.

Inculpé « d’abus de position et fraude comptable » Kweku Adoboli est désormais en prison en attendant l’audience prévue pour le 22 septembre. Dans une déclaration à la Télévision suisse romande, Kaspar Villiger, le président du groupe UBS, a parlé d »un cas isolé et réalisé de façon très professionnelle ».