Kofi avait fait un rêve

La Conférence de Durban doit être un grand moment de lutte contre tous les racismes. Racisme ordinaire, dans tant de pays, contre les communautés minoritaires, racisme institutionnalisé, dans quelques pays, entre des identités ethniques complémentaires, racismes avoués, ici ou là, partageant des pays en conflit, racismes tacites, ailleurs, justifiant des situations d’inégalité ou d’exploitation…

L’initiative des Nations Unies partait bien : au service des idéaux universels qui fondent le système international actuel, au service de valeurs lumineuses partagées par tous les peuples, dès lors qu’ils élaborent une pensée équitable de leur place dans la communauté des hommes, de leur histoire et de leur avenir.

Sans grandiloquence, la Conférence de Durban apparaîtra même comme le moment de la nécessaire prise de conscience de l’égalité des hommes, avec leurs naturelles différences. D’où la stupéfaction qui nous prend quand nous découvrons que les Etats Unis menacent de boycotter l’événement, irrités que l’on ait pu mettre en cause, ici ou là, la réussite de leur modèle de melting-pot multiracial et que des noirs américains aient pu demander des réparations pour le crime contre l’humanité qu’a constitué l’esclavage sur leur sol.

Ils iraient à Durban, ferait savoir l’administration républicaine, à condition que tous ces cris cessent. Etonnant exemple d’esprit anti-démocratique, et d’arrogance hégémonique… De quoi changer le sens du rendez-vous de Durban. Imaginons donc un instant que les Etats-Unis n’y soient pas… Quel aveu ! Quel terrible aveu ! Quel insupportable aveu !