Kofi Annan : « Je suis sérieusement préoccupé par l’aggravation de la situation en Côte d’Ivoire »

Je suis sérieusement préoccupé par l’aggravation de la situation en Côte d’Ivoire et déplore le nombre croissant de morts.

Je me joins aux nombreuses voix, et avant tout à celles de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest et de l’Union Africaine, qui appellent l’ancien Président Laurent Gbagbo à céder la place et à respecter la volonté du peuple. Celui-ci a choisi Alassane Ouattara et aucune répression, aussi brutale et longue soit-elle, ne pourra altérer ni cette décision, ni la légitimité de M. Ouattara. La communauté internationale a accepté la victoire de M. Ouattara et l’encourage dans ses efforts pour ramener la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire.

J’invite M. Ouattara et M. Gbagbo à exercer la plus grande retenue et à éviter tout acte menant à de nouvelles confrontations. J’appelle les forces militaires et policières de la Côte d’Ivoire à protéger la population civile, à éviter l’usage excessif de la force et à s’abstenir de toute activité mettant de nouvelles vies en danger. Je leur demande également de cesser toute action visant à entraver le travail pacifique et essentiel de l’Organisation des Nations Unies. Les soldats et les policiers doivent se souvenir de leur devoir sacré de servir et de protéger le peuple de Côte d’Ivoire et se détourner de ceux qui s’accrochent au pouvoir de façon illégitime au prix de la paix et du progrès. Ceux qui défient la volonté du peuple et ordonnent ou commettent des actes de violence auront à répondre de leurs actes et en seront tenus responsables.

Je suis fier des nombreuses personnes en Côte d’Ivoire qui se dressent contre l’injustice et la répression actuelle. Qu’elles puisent courage dans la certitude que le monde entier est à leurs côtés.

Enfin, je lance un appel à tous les Ivoiriens afin qu’ils refusent la manipulation des différences tribales, travaillent ensemble pour la paix, la stabilité et la réconciliation et exigent le respect des lois et des droits humains.