
Le gouvernement congolais n’a pas tardé à saluer les nouvelles sanctions américaines visant une raffinerie d’or rwandaise et plusieurs acteurs du secteur minier accusés d’alimenter les circuits illicites d’exploitation des ressources naturelles de l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce vendredi, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement de Kinshasa, s’est prononcé sur le sujet.
C’est à travers un post sur le réseau social X que Patrick Muyaya a réagi aux sanctions américaines visant Gasabo Gold Refinery et ses dirigeants. Le ministre de la Communication et des Médias estime que les mesures américaines mettent en lumière un système organisé de prédation économique impliquant, selon lui, des acteurs proches du pouvoir rwandais.
« Une preuve que Kigali ne peut pas nier »
Dans son message, Patrick Muyaya s’est particulièrement attardé sur un élément qu’il considère comme révélateur : l’existence d’une importante raffinerie d’or au Rwanda, un pays qui n’est pas connu pour disposer d’importantes réserves aurifères, contrairement à son voisin congolais. « Disposer d’une raffinerie d’or sans en regorger dans son sous-sol. Il n’y a pas meilleure preuve de pillage », a-t-il écrit, avant d’accuser le Rwanda de jouer « un rôle de pilleur, de commissionnaire et de receleur des ressources exploitées dans les massacres, dans les viols et dans le sang ».
Par cette déclaration, le ministre reprend l’un des principaux arguments avancés depuis plusieurs années par les autorités congolaises : une partie des minerais exportés par le Rwanda proviendrait en réalité de l’est de la RDC, où les groupes armés continuent de contrôler plusieurs zones minières stratégiques. Le gouvernement rwandais a toujours rejeté ces accusations, affirmant ne soutenir aucun groupe rebelle sur le territoire congolais et contestant toute implication dans le trafic de minerais.
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Des sanctions vues comme un signal fort adressé à Kigali
La décision américaine dépasse la simple portée financière, à en croire Patrick Muyaya. Elle marque, selon lui, le début du démantèlement d’un système économique qui permettrait de financer durablement l’instabilité dans l’est de la RDC. « Ces sanctions viennent de briser quelques maillons de la chaîne du vol étatisé. Elles donnent un sérieux coup au circuit frauduleux mêlant individus et entités liés directement au pouvoir rwandais », affirme-t-il.
Les sanctions annoncées par Washington visent notamment Gasabo Gold Refinery, basée à Kigali, ainsi que son président Jean Malic Kalima Karekezi, son directeur général Bosco Kayobotsi et trois sociétés minières rwandaises. Les autorités américaines les accusent d’avoir participé au raffinage d’or extrait dans des territoires contrôlés par l’AFC/M23, avec l’appui présumé de militaires rwandais. Tous les avoirs détenus sous juridiction américaine par les personnes et entreprises concernées sont désormais gelés, tandis que les entreprises américaines ne pourront plus entretenir de relations commerciales avec elles.




