Khourigba, la Cannes d’Afrique

La ville marocaine de Khouribga organise ce week-end la huitième édition du Festival du cinéma africain. Au programme, 17 longs métrages de quinze pays africains. Le Festival rendra hommage au cinéaste égyptien Radouan Elkachef, décédé il y a un mois.

Le député-maire de Khouribga, Mehdi Athmoune, compte faire de sa ville la Cannes d’Afrique. Pour Afrik, il révèle que le Festival du cinéma africain sera désormais annuel et que la ville abritera à partir de l’année prochaine un festival africain de musique. Une ambition continentale pour la ville marocaine. Le nouveau président du Festival, qui en est à sa huitième édition, rêve grand. Comme au cinéma. Mais il se donne les moyens de ses réalisations. Visions d’Afrique, interview.

Afrik : Vous organisez le 8e Festival du cinéma africain, c’est devenu une tradition à Khouribga ?

Mehdi Athmoune : Complètement, ce festival est né il y a 25 ans, en 1977. Il était biennal mais il s’est arrêté pendant six ans, faute de moyens. Il était géré par la mairie jusqu’à l’année dernière. Dès que j’ai pris la présidence de ce Festival, j’ai fait en sorte que ce soit une organisation indépendante qui en ait la charge. Cette année, notre travail a été reconnu par les autorités car il est placé sous le haut patronage de sa majesté.

Afrik : Vous avez sélectionné 17 longs métrages, sur quelles bases avez-vous fait ce choix ?

Mehdi Athmoune : C’est une commission cinématographique, composée de membres de notre cinémathèque et de cinéastes marocains. qui a sélectionné les 17 films. Moi, je suis juste le président du Festival. Je n’interviens pas dans la sélection et je respecte le choix de la commission.

Afrik : Comptez-vous faire de votre ville la Cannes de l’Afrique ?

Mehdi Athmoune : Pourquoi pas ! En tous cas, je m’en inspire beaucoup. Cette année, des représentants de 24 pays dont 17 africains nous ont fait l’honneur de venir à Khouribga pour participer au Festival du cinéma africain. Je vous donne un scoop : dès l’année prochaine, le Festival sera annuel et nous comptons aussi mettre sur pied au même moment un festival africain de musique.

Afrik : C’est carrément Khourigba l’Africaine !

Mehdi Athmoune : (Rires…) Il y a tellement de conflits que la politique peine à résoudre ! Je suis peut-être idéaliste mais je pense que la culture est le moyen de rapprocher les gens. Notre ville vient d’inaugurer un complexe culturel ultramoderne, autant qu’il serve à faire rayonner la culture africaine.

Afrik : Allez-vous programmer plus de films africains dans ce complexe ?

Mehdi Athmoune : Evidemment ! Il y aura des débats avec les cinéastes et des projections de films. Cette année, nous allons mettre en exergue le cinéma tunisien.

Afrik : Quel a été votre film coup de coeur ?

Mehdi Athmoune : Je vous le dirai dimanche, après la remise des prix.

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