Kenya : William Ruto veut un procès à la CPI sans lui

Le Vice-Président kényan William Ruto, poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) pour sa présumée implication dans les violences post-électorales de 2007-2008, souhaite que son procès se poursuive en son absence, arguant qu’il doit gérer les affaires sécuritaires de son pays menacé par le terrorisme.

C’est un nouveau défi que lance le vice-Président kényan William Ruto à la Cour pénale internationale (CPI). Accusé d’être à l’origine des violences post-électorales de 2007-2008, il a annoncé mardi vouloir la poursuite de son procès à la Haye, aux Pays-Bas, mais en son absence, afin de pouvoir diriger son pays et « combattre le terrorisme ». En d’autres termes, le responsable kényan estime avoir d’autres priorités que d’assister à son procès à la CPI.

Pour William Ruto, il y a des raisons légitimes « pour un ajournement de cette affaire : donner la meilleure chance possible au Kenya de faire face aux sérieux défis qui existent dans notre région, dans le monde et dans notre pays, sur un sujet qui inquiète le monde entier, le terrorisme ». Il fait ainsi référence à l’attaque menée par un commando lié au groupe terroriste somalien shebab au luxueux centre commercial Westgate, à Nairobi, qui a fait 67 morts, selon le bilan officiel et 39 disparus.

« Nous devons faire face aux menaces terroristes »

Raison pour laquelle William Ruto a estimé que le Président du Kenya Uhuru Kenyatta, également poursuivi par la juridiction internationale pour les mêmes faits, et lui-même, devaient être « en mesure de faire face à ce défi et qu’il fallait maintenir l’équilibre entre l’intérêt de la justice et (leurs) responsabilités dans le gouvernement du pays ». Le vice-Président a également évoqué « des menaces de terrorisme : les activités d’Al-Qaïda et des shebab, particulièrement dans le contexte de la participation des troupes kényanes en Somalie », dans la lutte contre les insurgés somaliens, dans le cadre d’une mission de l’Union africaine lancée en 2011.

Des propos qui interviennent après que l’Union africaine ait demandé samedi l’ajournement des procédures engagées pour crimes contre l’humanité contre les deux responsables kényans par la CPI. Cette dernière a été qualifiée d’« impérialiste » et « raciste » par le président du Kenya Uhuru Kenyatta. Ce dernier ainsi que son vice-Président, élus en mars 2013, sont les premiers dirigeants en exercice jugés par la CPI.