Kenya : une controverse au goût de Titane

Le plus grand projet minier que le Kenya ait connu depuis son indépendance devrait être validé par le gouvernement.

Cent trente sept millions de dollars. C’est ce que s’apprête à débourser la compagnie canadienne Tiomin Resources Incorporated (TRI) pour exploiter la mine de titane de Kwale, à 65 km du port kenyan de Mombasa. Le projet minier le plus important depuis l’indépendance kenyane suscite la controverse.

Pendant 14 ans, la mine de Kwale devrait permettre l’extraction de 200 millions de tonnes de sable contenant les minéraux nécessaires à la production du titane. Le terrain, acheté en 1997, s’étend sur 56 km². Pour obtenir le feu vert gouvernemental, l’entreprise a rendu, le 28 avril dernier, une évaluation sur l’impact environnemental (EAI).

Inquiétudes

Précisément, l’impact de l’exploitation minière soulève toutes les inquiétudes. Les opposants au projet craignent que des milliers de personnes ne soient déplacées. La compensation donnée par la compagnie pour la perte de la terre est sévèrement critiquée. Selon les opposants au projet, la Tiomin Resources donnerait ainsi 9 000 shillings kenyans (environ 850 francs par acre) pour des terres qui en vaudraient plus du double.

La compagnie canadienne souligne quant à elle que le niveau de compensation a été fixé grâce à une évaluation indépendante. Pour Matthew Edler, son vice-président :  » Il est normal que l’évaluation EAI suscite le débat. Nous l’avons portée au gouvernement, mais aussi dans les régions concernées pour être à l’écoute des gens. Le processus EAI a été fait pour cela « .

Le titane est un métal hautement résistant à la chaleur, très solide et léger. Il est utile aux industries aéronautique et spatiale. Industries inexistantes au Kenya.