Kenya : un viol collectif banalisé

Des hommes accusés de viol collectif ont tout simplement écopé de travail d’intérêt général. En guise de peine, les coupables ont été contraints de couper l’herbe autour des locaux de la police. Un jugement qui scandalise la population kényane qui compte par milliers les victimes d’abus sexuel.

Une décision de la police scandalise les Kényans. Trois hommes accusés de viol collectif ont été appelés seulement à couper l’herbe des locaux de la police en guise de punition. Dans un pays où le nombre de victimes de viols ne cesse d’augmenter, cette décision est considérée comme une honte et une banalisation des agressions sexuelles.
D’après le quotidien Daily Nation, la victime est une jeune adolescente de 16 ans, attaquée, battue puis violée par six hommes, alors qu’elle revenait des funérailles de son grand-père. L’acte de barbarie s’est déroulé dans l’ouest du pays. Après l’avoir violée, les malfaiteurs ont jeté la victime dans une fosse septique.

L’adolescente aujourd’hui handicapée

Suite aux violences dont elle a été victime, l’adolescente est aujourd’hui paralysée du fait de sa colonne vertébrale altérée. Elle se déplace en fauteuil roulant. Malgré le tollé suscité par cette agression, la police s’est contentée d’enregistrer la plainte contre trois des cinq violeurs. Ce qui a provoqué l’indignation des députés, qui condamnent l’agression et les défaillances de la police. C’est d’ailleurs les villageois eux-mêmes qui ont imposé l’enquête. Par leurs soins, ils ont conduit les trois suspects à la police.

« Les trois (…) ont seulement reçu l’ordre de couper l’herbe autour des locaux de la police et ont été remis en liberté peu de temps après », s’est exaspérée la mère de la victime. « C’est choquant et incroyable. Nous voulons aller au fond de l’affaire », s’est indigné à son tour le président du comité de la sécurité nationale du parlement kényan, Asman Kimama.
Quant à l’adolescente de 16 ans, elle demande réparation et justice. « Je veux que justice soit faite. Je veux que mes agresseurs soient arrêtés et punis », a confié la jeune fille au quotidien kényan Daily Nation.

La population villageoise par le biais du quotidien kényan, a lancé une campagne pour lever des fonds et permettre à la jeune fille de recevoir les soins médicaux dont elle a besoin. Les appels aux poursuites contre les violeurs continuent, et la police est attendue pour revoir la condamnation.