Kenya : quatre morts lors d’affrontements entre manifestants et policiers

Brutalité policière au Kenya
Brutalité policière au Kenya

Quatre personnes ont trouvé la mort et cinq autres blessées dans le sud du Kenya, en marge d’affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants. Ces derniers protestaient contre la flambée des attaques d’animaux sauvages.

Selon une information publiée ce vendredi 3 juin 2022, la police a ouvert le feu sur des manifestants dans la ville de Masimba, à 170 kilomètres au Sud-Est de Nairobi, la capitale de ce pays de la Corne de l’Afrique. La marche se justifiait par le fait que des populations s’indignaient du récent décès d’un enseignant, tué par un éléphant. Pour manifester leur colère, ils ont brûlé des pneus et bloqué la route très fréquentée qui relie Nairobi à la ville portuaire de Mombasa.

Pour calmer les ardeurs des manifestants, les forces de sécurité sont intervenues, sauf qu’elles le feront de manière trop musclée. Il a en effet été fait état de quatre personnes ayant perdu la vie lors des manifestations. Cinq autres personnes ont été blessées au cours des heurts. «Deux des victimes des coups de feu sont dans un état critique», a précisé, ce vendredi, le gouverneur du comté de Kajiado, Joseph Ole Lenku.

Qualifiant les morts de malheureux, le responsable se dit convaincu que «ces décès auraient pu être évités avec un peu plus de compréhension envers les communautés locales frustrées par la perte de vies humaines au profit de la faune». Il a par ailleurs annoncé qu’une enquête avait été ouverte, mettant en garde que «si une faute est constatée, l’autorité fera des recommandations», n’excluant pas des poursuites judiciaires.

Il faut signaler que la police kényane est réputée pour sa brutalité. Par exemple, le lundi 11 novembre 2019, des policiers avaient été filmés en train de brutaliser un étudiant, lors d’une manifestation de jeunes apprenants à l’Université Jomo Kenyatta, au Nord de la capitale, Nairobi. D’ailleurs, suite à ce cas de violence, le ministre kényan de l’Intérieur avait confié que des mesures seraient prises contre ces policiers dans les 24 heures. Des enquêtes étaient ouvertes pour identifier le où les responsables.