Kenya : les mutilations génitales des filles explosent avec le Coronavirus

Réalité au Kenya depuis plusieurs décennies, les mutilations des jeunes filles ont connu une explosion, avec la pandémie de Coronavirus.

La mutilation génitales des jeunes filles est une pratique interdite au Kenya depuis dix ans. Malgré tout, nombreuses sont les familles qui profitent de la fin de l’année scolaire pour faire passer leurs filles à l’acte, afin de se mettre à l’abri des regards des indiscrétions.

De la capitale, Nairobi, où est installé son bureau, la Secrétaire d’Etat au Genre, Rabel Shebesh, reçoit des rapports très inquiétants venus des zones les plus inaccessibles du pays. En effet, plus de mille cinq cent cas de jeunes filles excisées ont été remontés à son ministère, entre janvier et mai 2020. Alors que, en guise de comparaison, il y en avait eu huit cent soixante-dix sur toute l’année 2019.

C’est dire qu’il y a une hausse de six cent trente nouveaux cas, entre 2019 et les cinq premiers mois de l’année 2020. « Les chiffres sont très inquiétants. On nous rapporte une augmentation de plus de 30% à cause du Covid-19, depuis que les gens sont rentrés chez eux », explique la Secrétaire d’Etat au Genre.

Avec la régularité des cours et l’appel qu’effectue au quotidien l’instituteur, en classe, il est très facile de constater les absences des jeunes filles. En effet, ces dernières, pendant leur excision, peuvent rester jusqu’à six mois loin des salles de classe.

« Les jeunes filles « coupées » manquent l’école pendant un à six mois, selon le type d’excision. Les infections sont fréquentes et certaines ont les jambes attachées pour éviter que la cicatrice ne s’ouvre », explique Talaso Gababa, qui travaille pour un programme de lutte contre les mutilations sexuelles de l’ONG Amref, dédiée à la santé.