Kenya : le vice-Président face aux juges de la CPI

Le vice-Président kényan William Ruto et son co-accusé, l’animateur de radio Joshua Arap Sang, comparaissent ce mardi devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI), à la Haye, aux Pays-bas. Ils sont accusés de crimes contre l’humanité lors des violences post-électorales de 2007-2008 qui ont fait plus d’un millier de morts et plus de 600 000 déplacés.

L’affaire fait la Une de la presse kényane. Malgré les réticences de la classe politique kényane, le Vice-Président William Ruto ainsi que le chef d’Etat Kenyatta Uhuru vont tout deux devoir à faire à la Cour pénale internationale (CPI). Les deux responsables sont soupçonnés d’avoir planifié les violences post-électorales de 2007-2008 qui ont meurtri le Kenya après la réélection contestée du président Mwai Kibaki fin décembre 2007, faisant un millier de morts et plus de 600 000 déplacés.

Alors que le procès du Président kényan est prévu le 12 novembre prochain, son vice-Président, lui, comparaît ce mardi devant les juges de la CPI avec son co-accusé, l’animateur de radio Joshua Arap Sang. Bien sûr, les deux hommes plaident non coupables. William Ruto est accusé d’avoir pris la tête d’une organisation criminelle en vue d’évincer les partisans du Parti of National Unity (PNU) de Uhuru Kenyatta de la vallée du Rift. Et son co-accusé est inculpé d’avoir contribué à ces crimes en « attisant les violences par la diffusion de messages de haine » à travers la radio pour laquelle il travaillait.

Réticences de la classe politique kényane

Pourtant, jeudi dernier, les parlementaire kényans, qui accuse la CPI d’être « néo-colonialiste », ont adopté une motion demandant au gouvernement de Nairobi de retirer le Kenya du statut de Rome, qui définit les règles de fonctionnement de la CPI. Ils pensaient sans doute que ce vote pousserait l’institution à interrompre les poursuites contre les deux responsables. Il n’en fut rien. Quelques heures plus tôt, le procureur de la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda, a annoncé que la procédure engagée contre le président et le vice-président du Kenya se poursuivrait.

Même si la CPI est décidée à aller jusqu’au bout pour mettre les responsables kényans face à leurs responsabilités, ces derniers font du lobbying dans l’ombre pour interrompre la procédure judiciaire à leur encontre. La question est de savoir s’ils réussiront à faire plier la CPI qui profite aussi de cette affaire pour imposer sa légitimité.