
Le groupe nigérian Dangote a lancé, ce mercredi, les travaux de sa future méga-raffinerie à Lamu, sur la côte nord-est du Kenya. Mais derrière les poignées de main officielles et les discours sur l’indépendance énergétique de l’Afrique de l’Est, ce projet de 16 milliards de dollars démarre sous tension judiciaire.
La cérémonie de lancement des travaux de la future méga-raffinerie de Dangote s’est tenue ce mercredi, dans l’enceinte du port de Lamu. Le président kényan William Ruto, le patron du groupe Dangote, Aliko Dangote, ainsi que plusieurs dirigeants africains ont participé au traditionnel coup de pelle qui marque le début du chantier.
Pour Aliko Dangote, ce projet va accélérer l’industrialisation du continent avec la transformation locale des ressources. La future installation doit notamment produire du diesel, de l’essence et du carburant d’aviation destinés au Kenya et aux marchés voisins.
Le président William Ruto présente pour sa part la raffinerie comme un investissement susceptible de renforcer les capacités industrielles du Kenya et de réduire la dépendance de l’Afrique de l’Est aux importations de produits pétroliers.
700 000 barils par jour et 60 000 emplois annoncés
Évalué à environ 16 milliards de dollars, le projet devrait être construit sur une période d’environ 40 mois. Sa capacité annoncée de 700 000 barils par jour en ferait l’une des plus importantes infrastructures de raffinage du continent.
Le groupe Dangote prévoit également la création de jusqu’à 60 000 emplois directs et indirects autour du projet. Une centrale électrique de 1 000 mégawatts ainsi que des installations de dessalement et de recyclage de l’eau doivent accompagner le complexe industriel.
L’approvisionnement en pétrole brut va s’appuyer sur la production kényane, mais aussi sur des ressources provenant d’autres pays africains. Le port en eaux profondes de Lamu va jouer un rôle central dans l’acheminement du brut nécessaire au fonctionnement de la raffinerie.
Un projet déjà devant la justice
Le projet de Dangote fait toutefois face à une contestation locale. Cent trente-trois habitants de Chandavai, dans le comté de Lamu, ont saisi la justice pour contester l’utilisation de terres destinées au projet. Ils affirment occuper et exploiter ces terres depuis plusieurs générations et demandent que leurs droits fonciers soient reconnus.
Le tribunal de l’environnement et des terres de Malindi a ordonné le maintien du statu quo sur la parcelle concernée jusqu’à l’examen de l’affaire, fixé au 14 octobre. Les plaignants évoquent des questions liées à l’indemnisation, à la réinstallation et à la protection de leurs biens. Le tribunal n’a toutefois pas interdit la cérémonie de lancement du projet du 30 septembre.
Le groupe Dangote a de son côté maintenu le lancement des travaux. Soutenu par les autorités kényanes, Aliko Dangote a affirmé être prêt à faire face aux procédures judiciaires engagées contre le projet.
Au-delà du Kenya, la future raffinerie doit viser un marché beaucoup plus large. Le projet ambitionne de renforcer l’approvisionnement en produits pétroliers de plusieurs pays d’Afrique de l’Est et de contribuer au développement du corridor LAPSSET, qui relie le Kenya à l’Éthiopie et au Soudan du Sud.




