Kenya : heurts entre policiers et jeunes musulmans à Mombasa

Des heurts ont éclaté vendredi à Mombasa entre la police et des jeunes musulmans.

Mombasa de nouveau théâtre de violences. Des heurts ont opposé la police kényane à des jeunes musulmans, après la prière du vendredi, près de la mosquée Musa de Mombasa, haut lieu de l’islam radical kényan, dont une des figures a été assassinée cette semaine, rapporte l’AFP. Pourtant, les imams de la mosquée avaient, durant la prière, appelé les jeunes au calme et à ne pas manifester malgré la mort d’Abubaker Shariff Ahmed, alias « Makaburi ». Ce dernier a été abattu mardi par des tireurs en voiture.

« Nous n’autoriserons aucune forme de manifestation aujourd’hui (…) un groupe a demandé une autorisation de manifester, nous l’avons refusé », avait averti vendredi le chef de la police de Mombasa, Robert Kitur. Des forces de police étaient massivement déployées vendredi dans Mombasa, où aucun incident notable n’a été signalé depuis la mort de Makaburi et le calme était revenu vendredi après-midi.

Colère après l’assassinat de chefs islamistes

Malgré les avertissements de la police, quelques jeunes ont jeté des pierres en direction de la police, présente en nombre près de la mosquée, avant d’être immédiatement dispersés par des grenades lacrymogènes.
Makaburi est la troisième personnalité de cette mosquée à être assassinée en moins de deux ans. Elle est présentée par les autorités kényanes comme un centre de propagande du terrorisme et de recrutement pour les islamistes somaliens shebab.

Les assassinats en août 2012 d’Aboud Rogo Mohamed, principal imam de la mosquée Musa, puis de son successeur Cheikh Ibrahim Ismail en octobre 2013, avaient à chaque fois déclenché des émeutes meurtrières à Mombasa. Les fidèles de la mosquée Musa, comme certains observateurs, attribuent les meurtres de ces responsables musulmans aux forces de sécurité kényane. Les autorités ont renforcé la sécurité dans la ville très touristique de Mombasa, deuxième ville du Kenya, très majoritairement musulmane comme le reste de la côte kényane, dans un pays dont les habitants se revendiquent à 80% chrétiens.